Erica Ramanoara : Cousu de bon sens
14 avril 2026 // Mode & Design // 3582 vues // Nc : 195

Lauréate du concours Mode éthique et durable, Erica Ramanoara impose déjà une signature claire : une mode qui conjugue héritage artisanal, fibres naturelles et engagement. À 25 ans, elle tisse bien plus que des vêtements.

© photo : Totem Agency
© photo : Totem Agency

Un vêtement peut-il porter un message ? Erica Ramanoara en est persuadée, et sa collection primée en est la preuve. Elle a débuté dans le stylisme en 2024 et a trouvé sa voie grâce au projet « Métamorphose », une initiative soutenue par l’Ambassade des États-Unis. Ce projet rassemble plusieurs créateurs malgaches avec un but commun : repenser la mode. « Pendant les activités de sensibilisation, j'ai vraiment réalisé l’importance de cet engagement », raconte-t-elle. Pour elle, la mode éthique n’est plus une simple tendance, mais une véritable conviction.

Sa marque, SAIRY — ce qui signifie « personne confiante » en malgache — reflète parfaitement cette idée. Ses créations sont faites à la main avec soin : tissage précis, crochet, broderie, tressage, chaque pièce est pensée dans le geste. Des matières choisies avec soin — raphia, soie, soga, taretra — qui ancrent chaque silhouette dans un territoire, une mémoire, une identité. « La culture et l'identité malgaches occupent une place centrale dans mon travail », souligne Erica. Loin du folklore décoratif, ses collections dialoguent avec la tradition tout en s'ouvrant à une esthétique résolument contemporaine. Sa victoire au concours Mode éthique et durable vient confirmer la cohérence de cette vision. La collection primée se compose de 60 % de taretra, 30 % de raphia et 10 % de soie récupérée — notamment des restes de rouleaux inutilisés dans des entreprises, retravaillés par des artisans locaux. Une logique d'économie circulaire, presque sans déchets, qui n'a rien à envier aux démarches portées par les maisons européennes les plus engagées.

Mais pour Erica, l'enjeu dépasse l'esthétique. « À travers la création, il est possible d'améliorer l'économie d'autres foyers », confie-t-elle, particulièrement attachée à soutenir les artisanes malgaches. « La mode est à la fois un art et un outil pour transmettre des messages. » Une phrase qui pourrait figurer dans n'importe quelle manifeste de la nouvelle génération de créateurs engagés — de Lagos à Séoul, en passant par Antananarivo. Son ambition prochaine : organiser un défilé réunissant plusieurs créateurs malgaches à l'étranger. Montrer que SAIRY, et la mode de l'île avec elle, peut tenir sa place sur la scène internationale. Un fil tendu entre Madagascar et le monde. Il ne reste qu'à voir jusqu'où il porte.

Lucas Rahajaniaina

Photos Erica Ramanoara

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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