Elisoa Cynthia : La vie en contenu
9 mai 2026 // Influenceur du mois // 2754 vues // Nc : 196

Élue Influenceuse de l'année 2025 en Moldavie, acclamée par quatre « oui » à Romania's Got Talent — et célébrée des deux côtés de l'océan Indien. Derrière « Les Chroniques d'Elisoa », une Malgache qui a fait de son histoire personnelle une résonance collective.

Elisoa Cynthia Rafenaharivola est arrivée en Moldavie en 2020 — un pays que la plupart des gens auraient bien du mal à placer sur une carte. Aujourd'hui, là-bas, on la reconnaît dans la rue. Présentatrice radio, créatrice de contenu, artiste : les rôles s'additionnent pour elle. Mais le plus important, ce sont Les Chroniques d'Elisoa. C'est un endroit intime devenu très populaire — avec 148 000 abonnés sur sa chronique en français, 138 000 sur TikTok, 78 000 sur Instagram, 50 000 sur Facebook, et presque 4 000 sur YouTube. Ces chiffres-là donnent le tournis, et pourtant, ils viennent d'une idée toute simple. « Ce n'est pas ce que je fais qui compte… c'est qui je suis », dit-elle d’un tel sérieux. Dans le monde du numérique, où le personal branding est monnaie courante, sa manière d'être sort du lot.

Ses contenus parlent d’amour, de doutes, de solitude et de reconstruction. Ce sont des émotions que tout le monde connaît, racontées à partir d’une vie bien à elle : celle d’une femme malgache installée en Europe de l’Est, qui avance entre deux cultures.

« Je suis à la fois le sujet et la matière », dit-elle. Sa ligne éditoriale a quelque chose de presque thérapeutique, et crée avec son public un lien profond. « Quand je raconte mon histoire, j’aide d’autres personnes à se sentir moins seules », ajoute-t-elle.

Madagascar, elle ne l’a jamais vraiment laissé derrière elle. « C’est mon passé, mes racines… et une partie de moi qui ne bougera jamais », poursuit l’influenceuse. Ce mélange, qu’elle assume et revendique, est aussi devenu une vraie force artistique. Sur la scène de Romania’s Got Talent, elle a réuni du folklore malgache et moldave dans une performance qui a tout de suite parlé au jury. Quatre « oui ». Des millions de vues. « J’ai raconté une histoire… comme un angano », dit-elle simplement. Et à l’évidence, c’était suffisant.

L’élection d’Influenceuse de l’année 2025 est venue marquer un tournant important. Mais Cynthia reste lucide face à ce succès : elle parle franchement du syndrome de l’imposteur et explique à quel point il est important de rester fidèle à soi-même quand tout va très vite. Déjà, elle prépare un nouveau projet. Elle veut créer la Maison du Bonheur, un espace dédié à l’art pour les enfants à Madagascar. Pour elle, c’est une façon de transformer son expérience en aide pour les autres et de boucler la boucle.

Lucas Rahajaniaina

Contact Facebook, Instagram, Tiktok , Youtube : Les Chroniques d’Elisoa
Photos fournies par Elisoa Cynthia

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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