Dee Andriambelo : Un coup de Dee
7 février 2026 // Musique // 7457 vues // Nc : 193

Auteure, compositrice, chanteuse, bassiste, porteuse de projet, Dee Andriambelo semble accumuler les casquettes et les genres. Originaire d’Antsirabe, elle incarne l’authenticité, et depuis ses débuts en 2020, sa musique est avant tout une voix libérée.

@Naly Rak

Quand l’art devient moyen d’expression profondément humain, Dee le saisit, le vit et transforme tout ce qu’elle voit. Entre l’univers décontracté et sarcastique de Dee à Lock et le death metal de 669, elle ne se pose aucune limite. La musique est pour elle un moyen de libérer la parole à l’enfant qu’elle était, souvent réduite au silence. « En grandissant, la musique me parlait de plus en plus. Quand je chantais, je me sentais libre de ressentir des émotions extrêmement fortes et de les exprimer à travers la voix et l'écriture. Pareil à la basse, je peux faire passer tout ce que je veux », confie-t-elle. Cette liberté se traduit par des choix artistiques guidés par ce qui lui plaît. Son parcours inclut des collaborations marquantes, notamment la scène Féminin pluriel à l’Institut français de Madagascar avec des artistes comme Talike Gelée.

« La ligne directrice, c’est toujours l’authenticité et l’être humain », souligne Dee. En 2022, son spectacle Joro, consacré à la sensibilisation contre le harcèlement, la violence conjugale et le viol, parcourt les Alliances françaises à Mahajanga, Toamasina, Morondava et Antsirabe, puis le Fara West et le Nosy Boraha Jazz Festival. « Joro signifie littéralement “être debout”. Je voulais raconter toute cette violence – pas forcément physique – que je voyais dans la rue. L’objectif, c’est de créer un festival où plein d’artistes peuvent s’exprimer à leur manière. » Avec ses collaborations, son rythme malgache, des textes poignants et une lumière précise, le projet s’ancre dans son vécu, elle-même ayant déjà été victime d’agression.

En 2025, Dee lance Deemoi Tout, un podcast sur les réseaux sociaux où des femmes parlent librement des non-dits et de ce qui compte pour elles. À travers tous ses projets, Dee Andriambelo reste fidèle à son engagement : « Je me rends compte que j’avais beaucoup de choses à dire et qu'il me faut plus de moyens, peut-être même en dehors de la musique, pour les exprimer. » Pour elle, chaque note, chaque mot, chaque histoire peut apporter une part d’humanité et contribuer au changement.

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Dee Andriambelo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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