D Meuble et Archi : Ça vaut une chandelle
23 août 2026 // Mode & Design // 1243 vues // Nc : 199

Jadis, un bougeoir était un objet purement utilitaire — sa seule ambition était de porter une bougie sans faire de vague. Aujourd'hui, il a pris une autre fonction, celle d'embellir les étagères et les salons, de créer une atmosphère, de raconter quelque chose. Joindre l'utile à l'agréable, ou plutôt le beau à l'agréable — c'est exactement ce que fait D Meuble et Archi, depuis son atelier d'Antsirabe.

« Un bougeoir ne sert pas seulement à porter une flamme, il peut aussi transmettre une émotion. » Cette phrase de Denisson Metalcraft donne le ton. Dans le showroom du Fihavanana Center Tsarasaotra, les pièces s'alignent et chacune raconte sa propre histoire. Sur une table basse, un personnage porte un panier avec une nonchalance presque vivante. Sur une étagère à l'entrée, un serveur s'avance, plateau en main, comme figé dans un geste d'accueil. Dans un coin, posé sur une sorte de tabouret, un danseur semble attraper une mesure en plein mouvement. Et puis il y a le couple dans la barque — l'homme qui rame, la femme qui regarde au loin, une scène suspendue dans le métal. « C'est simple, mais ça raconte quelque chose », confie Denisson. Pour concevoir de tels objets, il fallait une inspiration sérieuse — et visiblement, elle ne manquait pas.

Ces silhouettes ne sont pas de simples supports à bougie. Chacune joue un double rôle — objet décoratif le jour, porteur de lumière et d'ambiance le soir venu. « Une bougie ne donne pas seulement de la lumière. Elle apporte une énergie différente de celle d'une lampe électrique », explique Denisson. L'aventure commence presque par accident, en 2021, sur les réseaux sociaux. Quelqu'un demande sur Facebook si quelqu'un fabrique ce genre de décoration. Denisson répond que c'est possible. Une réponse spontanée qui ouvre une porte — et derrière cette porte, tout un atelier. « Nous avons choisi le bougeoir parce qu'il permet de montrer notre créativité. C'est un objet où l'on peut facilement exprimer notre imagination, et il reste encore assez rare », explique-t-il.

La fabrication est entièrement artisanale — métal travaillé à la main, fils colorés intégrés selon les modèles, finitions soignées qui donnent à chaque pièce son caractère propre. De petite taille, ces créations s'adaptent à tous les espaces — étagère, table console, table basse, coin salon. « C'est chacun qui choisit l'endroit où il veut leur donner une place », précise Denisson.

Les tarifs varient entre 25 000 et 295 000 ariary selon les modèles. La concurrence avec les produits importés, souvent moins chers, reste le principal obstacle. Mais Denisson ne lâche pas. « Le vita malagasy mérite d'être valorisé », dit-il d’un ton sec. Son prochain objectif — améliorer encore la qualité des pièces et ouvrir une boutique à Antananarivo. À Antsirabe, le métal continue sa transformation. Il n'est plus seulement du fer — c'est une petite lumière qui refuse de passer inaperçue.

Lucas Rahajaniaina

Facebook : D Meuble et Archi
Photos fournies par D Meuble et Archi

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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