Courrier Juillet 2024
1 juillet 2024 // 4951 vues 

Coups de cœur, coups de gueule, envie d'envoyer un message à une personne qui vous est chère ou simplement de vous exprimer… cette rubrique vous est dédiée…

Ayant connaissance de votre appel à participation pour une parution sur "Rubrique courrier" je me permets de vous envoyer un poème que j'ai écrit des suites d'une inspiration née d'un accompagnement Premiers Secours PsychoSociaux d'une femme en détresse émotionnelle.

Rêve brisé

L'âme voguant dans la Nuit,
Une nuit durant, début d'un voyage dans l'ombre, 
L'ombre de ce qui a été joie,
La joie de vivre à deux éternellement, 
Éternellement désormais esseulé.e,
Esseulé.e d'un amer abandon, 
Un abandon égarant l'âme,
Une âme cachée sous la voile du pénombre, 
Le pénombre d'un passé tumultueux, 
Tumultueux de haines et de regrets,
Des regrets figeant le souffle, 
Le souffle des murmures du vent, 
Un vent avec lequel résonne un chant,
Le chant, écho d'un rêve brisé,
Brisé telle une feuille de sa branche nourricière,
Nourricière toute une vie durant, 
Durant l'automne la laissant vaciller,
Vaciller sous le fardeau des soupirs, 

Des soupirs, abîmes des bonnes pensées, 
Les pensées poussant à rechercher une voie,
La voie paisible du désir, 
Un désir ardent de conjuguer au présent le passé,
Un passé tranquille au clair de lune, 
La lune qui ne dessine plus son visage,
Le visage doux reflet sur l’eau, 
L'eau ruisselante, fragile et incertaine,
Une incertitude du regard dans le vide, 
Un vide laissé par l'espoir fugitif, 
Fugitif dans le creux du cœur amoureux,
D'un amour né d'une lueur divine,
Une divinité née parmi les étoiles,
Les étoiles dansantes au gré du temps, 
Le temps d'un pesant silence, 
Un silence s'élevant aux cieux,
Les cieux où se dessinent des fils d’argent,
L'argent doré de l’horizon,
Un horizon voilé au crépuscule,
Le crépuscule où tout s'assombrit,

D'un sombre destin égaré,
Égaré au fin fond de l'océan,
Un océan de douleurs et de plaies,
Des plaies d'une existence éphémère,
Si éphémère que le fil de la vie, 
Une vie en suspend d'un funambule,
Le funambule cherchant l'équilibre,µ
L'équilibre fragile d'une lueur d’espoir,
L'espoir fuyant toujours loin,
Loin de la réalité, 
Une réalité témoin de l'errance,
L'errance à la recherche d'une douce assurance,
L'assurance d'une sereine Paix,
Une paix garantie de la sûreté du chemin,
Le chemin le long duquel le poids de la peine ferme des portes,
Les portes de tous rêves devenus illusoires,
Une illusion, mirage du cœur déserté,
Le désert au-delà duquel renaîtra un rêve tout neuf.


M. Dominique
Espérant qu'il vous inspire aussi.

Dominique Raveloarinananja
Accompagnante - Mentor - Coach

Je voulais juste partager un texte pour toutes ces fois où  quand un proche ne va pas bien, on voudrait tant trouver les mots juste pour leur remonter le moral, pour toutes ces fois où on voudrait tant les aider mais  on ne sait pas quoi dire ni quoi faire. Et on se sent impuissant...

Je voudrais tant t'écrire
Des mots boucliers
Te précédant dans cette lutte
De se remettre sur pieds
Rassembler puis lier
Des mots parachutes
Pour pouvoir adoucir
Ta chute, ton atterrissage
Dans ce monde sans elle
Je voudrais t'écrire des messages
Des phrases si belles
Sans ratures,sans défaut,
Des mots qui percutent
Pas toujours ce qui te plaît
Mais peut-être ce qu'il te faut
Pour panser tes plaies
Tes plaies très hémorragiques
T'écrire un texte compresse
T'écrire une formule magique
Pour que disparaissent

D'un claquement de doigts
Tes démons, tes "méchants"
Que tu trompes, que tu noies
Dans ces verres de rhum
Je voudrais t'écrire des phrases
Aux odeurs, aux arômes
Des plus alléchants
Des plus juteux, 
Pour étancher ta soif
Des plus savoureux, délicieux
Qui fondent dans la bouche
Ayant une ambiance de fête
Des phrases qui te touchent
Des phrases toutes faites
Qui réveillent le printemps
Ou qui arrêtent le temps
Le temps que tu guérisses
Sans que rien ne te dérange

Oui, cela me démange
De t'écrire des phrases
Aux courbes vertigineuses
Pour ,de façon précaire,
Te troubler, te distraire
Ou des mots surfeurs
Pour dompter tes vagues
Tes vagues de chagrins
à défaut des mots gonflables
Pour t'empêcher de couler
Pour diminuer la pression
Pour t'empêcher de rouler
Tout droit vers la dépression


Je voudrais tant t'écrire...
Je voudrais...
Mais les mots me manquent

Perhaps (22 mars 2022)

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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