Burn-out : Le costume tient encore
20 septembre 2026 // Santé // 65 vues // Nc : 200

Le burn-out ne commence pas toujours par un effondrement spectaculaire. Il s’installe souvent discrètement : une fatigue qui ne passe plus, une patience qui raccourcit et un travail autrefois stimulant qui devient de plus en plus lourd.

Quand « très occupé » devient un titre

Partout à Madagascar, entre les déplacements, les rendez-vous, la famille et WhatsApp qui ne dort jamais, être débordé peut presque passer pour une preuve de réussite. Pourtant, il existe une différence entre une grosse semaine et un système intérieur qui surchauffe. Le burn-out est un épuisement lié à un stress professionnel chronique que l’on n’a pas réussi à maîtriser.

L’Organisation mondiale de la santé décrit trois facettes du burn-out : l’épuisement, la distance mentale vis-à-vis du travail et la baisse du sentiment d’efficacité. Elle le considère comme un phénomène professionnel, pas comme une maladie. Cette nuance compte : un médecin devra aussi rechercher une dépression, un trouble du sommeil ou une autre cause.

Le signal n’est pas seulement la fatigue. C’est le changement. On récupère moins bien. On devient plus irritable ou plus distant. Une réunion qui aurait pu être un e-mail devient une offense personnelle. On travaille beaucoup, avec l’impression d’être moins efficace. Même les personnes organisées, brillantes et fiables sont concernées. Souvent, elles tiennent longtemps précisément parce qu’elles savent tenir.

Quand le cerveau brouille le tableau de bord

Autre surprise : le burn-out ne vide pas seulement les batteries. Une analyse de 17 études a retrouvé des difficultés d’attention, de mémoire de travail et de décision.

Oublier un mot, relire cinq fois le même message ou ne plus savoir par quoi commencer n’est donc pas forcément de la négligence. Le cerveau fatigué économise comme il peut.

Si rien ne change, l’épuisement peut s’aggraver jusqu’à perturber sérieusement le travail et la vie quotidienne. Des troubles du sommeil, de l’anxiété ou des symptômes dépressifs peuvent également apparaître. Il devient alors difficile de se concentrer, de prendre des décisions ou simplement de récupérer.

Lever le pied sans quitter la route

La sortie ne consiste pas à prendre un dimanche calme avant de replonger le lundi. Elle commence par une conversation avec un médecin, puis par des changements réels : réduire la charge, prioriser les tâches, préserver des temps de déconnexion et solliciter du soutien. Parfois, un arrêt ou une reprise progressive est nécessaire.

Travailler toujours plus n’est pas neutre : en 2021, l’OMS et l’OIT ont indiqué que travailler 55 heures ou plus par semaine sont associées à davantage d’AVC et de décès par maladie cardiaque que celles de 35 à 40 heures. Le corps ne lit manifestement pas les slogans sur la performance. Lever le pied n’est pas perdre sa valeur. C’est éviter de se perdre en voulant rester indispensable.

Dr. Hary Andrianjafimora

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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