Bini : Ça slam en anglais !
21 décembre 2024 // Arts de la scène // 11458 vues // Nc : 179

You ain’t ready for this ! Le Slam National XV (SNXV), cette année, accueille un invité spécial : le fondateur du mouvement slam, Marc Smith. Et Bini Josoa, responsable des projets internationaux de l’association Madagaslam s’est dit : pourquoi ne pas en profiter pour développer le slam en anglais. Des activités pendant le festival, des rencontres, des ateliers, énormément de projets pour donner de la voix et bien sûr… in English please !

Plus de mots, de langues : plus de possibilités. Déclamer en anglais, pourquoi pas ? Bini Josoa, à l’accueil du fondateur du slam à Madagascar, Marc Smith, s’ouvre sur ce projet qu’il a pris le temps de mâcher. « Depuis quelques années, j’essaye de créer des foyers slam en anglais, parce que j’aime bien les langues et m’amuser avec les mots. Et sa pratique ouvre de nouvelles portes. » Pour les amoureux de la langue, comme les timides, les programmes du Madagaslam viennent redonner confiance. « Ça fait plusieurs années que l’idée germe dans ma tête, mais je manquais de confiance parce que moi-même, je ne suis pas très bon en anglais. » Il n’y a pas de panique, parce que Bini et son équipe préparent des rencontres ici et là avec les structures anglophones à Antananarivo et les slameurs du pays à l’occasion de l’annuel festival international de slam SNXV. Et pour ajouter à tout cela, Marc Smith, le fondateur, marque une immersion dans l’expérience Green Mill. Bini explique : « À Chicago, en 1986, il a lancé une scène slam dans un bar qui s’appelle Green Mill (le Moulin Vert). Et pour le festival, l’idée est de vivre l’expérience « Green Mill », son ambiance, le slam original qu’on transpose ici, qu’il anime et où il fait participer le public. » Une immersion dans un monde qui lie les mots et la poésie malgache et anglaise.

Du slam en anglais, c’est aussi un renouveau. « Je suis membre fondateur du Madagaslam – l’association a été créée en 2007 – et le slam est arrivé à Madagascar via le Centre Culturel Albert Camus, aujourd’hui Institut Français de Madagascar. Il a commencé à se développer à Antananarivo, puis dans tout Madagascar via les réseaux francophones. » Les langues française et malgache se sont développées. Et petit à petit, l’anglais se créé son chemin. « C’est vraiment une nouvelle étape. Un slameur est passé au lycée Itaosy, qui sera un des partenaires, grâce à leur club d’anglais. On commence au niveau régional, à Antananarivo, pendant le slam national, en sensibilisant les représentants des régions sur l’idée, et eux, à leur tour, vont approcher des partenaires pour l’initier. Bien sûr, un concours de slam national anglophone est envisagé. »

À l’occasion du festival cette année, Bini et l’équipe de Madagaslam travaillent avec l’Ambassade des Etats-Unis et les structures anglophones de la capitale, dont le club d’art oratoire Tsingy Toastmasters Club, le Centre National d’Enseignement de la Langue Anglaise (CNELA) ou l’association des enseignants de la langue anglaise à Madagascar. Garder le fil, c’est l’idée ! Et c’est pour cela que l’association prévoit des ateliers pour parler de cet art et de son apport, comment animer une scène, des rencontres et une scène ouverte. Et là, le slam se rapproche de tous les cœurs, comme la langue. Cela a commencé du 28 novembre au 4 décembre à Antsirabe et à Antananarivo pour le fameux SNXV. Et après, qui sait… des opportunités, sûrement, à ne plus compter, parce que l’idée, c’est de déclamer partout dans le monde !

Rova Andriantsileferintsoa

Numéro : 0341237788 (Misstik, Madagaslam)
Facebook : Madagaslam

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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