Anti-scroll - Bien mieux que TikTok
21 juin 2026 // Media & Add-0n // 2800 vues // Nc : 197

On ouvre son téléphone “juste deux minutes” et, sans s’en rendre compte, on ressort une heure plus tard, l’esprit en miettes et le pouce en pilote automatique. TikTok, Snapchat et autres X, dévorent notre attention, avec au final un goût de vide, de temps passé à n’avoir rien fait. À l’inverse du scroll infini, certains jeux misent sur des sessions courtes mais gratifiantes. Ils attrapent l’attention, puis la rendent au joueur, avec une sensation rare aujourd’hui, celle d’avoir vraiment avancé.

La recette anti-scroll
Un jeu “anti-scroll”, c’est un titre qui se consomme comme un réseau social. On lance vite, on joue quelques minutes, on se dit “allez, une dernière”. Sauf qu’ici, la boucle ne vide pas, elle remplit. On débloque des éléments, on apprend à les maîtriser, et on s’améliore pour progresser dans le jeu. La clé, c’est la structure en runs, c’est-à-dire des parties courtes, et la progression par petites marches.

Même quand on échoue, on repart avec quelque chose. Et surtout, on peut s’arrêter sans l’impression de lâcher un fil infini et la sensation d’être en retard si on ne voit pas la dernière trend à la minute où elle est postée.

“Encore une run”
Dans Hades par exemple, chaque tentative raconte une mini-histoire. On meurt souvent, mais on revient plus fort avec de nouvelles armes, des améliorations, des dialogues qui viennent enrichir l’expérience narrative, et des objectifs à poursuivre. L’échec devient une étape, pas une punition. Résultat, on relance non pas par automatisme, mais parce que tout a du sens, même la défaite.

De son côté, Slay the Spire propose un anti-scroll plus cérébral. Une partie, un deck de cartes et des choix. Là où le feed disperse l’attention en vingt directions, ce jeu la recentre. Il nous encourage à construire une stratégie qu’on va optimiser, et on comprend alors pourquoi on gagne ou on perd, et comment avancer. C’est un snack mental qui ressemble à une séance de puzzle, idéal pour ceux qui aiment l’impression de maîtrise.

Le snack parfait pour petits budgets
D’autres anti-scroll jouent la carte de l’efficacité. Vampire Survivors bombarde de récompenses à la minute. Balatro transforme le poker en laboratoire à combos, où chaque run donne l’impression d’avoir trouvé une recette secrète. La prise en main immédiate, et la profondeur réelle. On revient par curiosité, pas seulement par réflexe.

Et pour les joueurs qui n’achètent pas beaucoup de jeux par an, l’intérêt est évident. Ces titres coûtent souvent moins cher qu’un blockbuster, mais offrent des dizaines, parfois des centaines d’heures, sans exiger une disponibilité à plein temps. On y joue par petites touches, chaque session compte, et on ressort avec une sensation simple et précieuse, celle d’avoir choisi son temps, plutôt que l’avoir subi.

Eymeric Radilofe

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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