Adizaoza : Le temps des retrouvailles
21 juin 2026 // Soatoavina // 1737 vues // Nc : 197

Après Alahamadibe et Adaoro, nous voici entrés dans Adizaoza. C'est le moment d'offrir le « Tolotra firakotra » aux parents, cette couverture qui réchauffe autant les corps que les cœurs. Une tradition qui rappelle aux descendants qu'ils ne sont pas « comme une simple pierre ronde », sans attache ni racine.

Lorsque Adizaoza arrive, les descendants s'invitent mutuellement à rendre visite aux parents qui leur ont donné la vie. C'est alors qu'ils ressentent qu'ils ont engendré une descendance, qu'ils ont des enfants et qu'ils ne sont pas seuls. Les anciens avaient cette formule : « Adizaoza maro anaka » – Adizaoza avec une grande descendance. Cette pratique incite les descendants à se rassembler et fait ressentir aux parents qu'ils sont aimés par leur progéniture. Rendre visite aux parents pendant Adizaoza faisait partie des devoirs importants dans la tradition malgache d'autrefois. La coutume s'effectue généralement après le déjeuner, car le matin, chacun est occupé à préparer le repas. C'est à ce moment-là que les membres de la famille commencent à discuter et à échanger, que les mots circulent autant que les plats.

Une fois l'endroit préparé, l'aîné prend la parole et explique la raison de la visite : « En cette période d'Adizaoza, nous, enfants et petits-enfants, sommes venus vous rendre visite, vous qui nous avez donné la vie. Toi, Maman, qui nous as portés pendant dix mois, élevés et éduqués. Toi, Papa, qui nous as guidés et conseillés afin de faire de nous ce que nous sommes aujourd'hui. » On leur offre alors le firakotra, cette couverture qui dit la reconnaissance sans grands discours. Parfois des vêtements chauds accompagnent le geste – ce qui n'est pas obligatoire – généralement présentés par l'aîné des petits-enfants. C'est modeste, mais la joie de pouvoir encore se rencontrer en personne, alors que les parents sont toujours en vie, est ce qui compte le plus. Les parents répondent en donnant leur bénédiction aux descendants, scellant ainsi le pacte entre générations.

Il est courant que les enfants restent quelques jours avec eux – trois, cinq ou sept – avant de repartir. Pendant ce temps, les parents transmettent aux enfants et petits-enfants les connaissances et traditions héritées des ancêtres. Car l'essentiel, au-delà du tissu offert, c'est de prendre soin de ceux qui nous ont donné la vie, surtout que le froid viendra bientôt – Adizaoza tombe généralement au début de l'hiver. Si les parents ne sont plus en vie, l'offrande est alors destinée aux frères et sœurs. Autrefois, cette tradition avait une grande importance. Beaucoup la pratiquent encore discrètement aujourd'hui, mais elle n'est plus célébrée comme auparavant. C'est aussi une période durant laquelle les familles parlent des festivités d'hiver à Madagascar – Famadihana, Famorana – afin d'organiser les choses selon nos véritables valeurs. De nos jours, même entre frères et sœurs, chacun agit de son côté. L'unité et la solidarité se perdent peu à peu, comme ces couvertures qu'on oublie d'offrir.

Radamaranja

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Canal+ Madagascar : 150 collaborateurs sous un même toit

Lire

4 novembre 2026

Canal+ Madagascar : 150 collaborateurs sous un même toit

Après Analakely, puis la zone Galaxy à Andraharo, Canal+ Madagascar pose ses valises à Morarano-Alarobia, et la raison tient en une phrase très concrè...

Edito
no comment - Naturellement intelligents

Lire le magazine

Naturellement intelligents

Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

No comment Tv

Interview - Mahasahy Afido - Octobre 2026 - NC 201

Découvrez Mahasahy Afido, spécialiste du bonebreaking, dans le no comment® NC 201 – octobre 2026
Un bras se plie à l'envers. Une épaule semble sortir de son axe. Dans la salle, certains se cachent les yeux. Mahasahy Afido, danseur-chorégraphe et spécialiste du bonebreaking, ne fait jamais dans le consensus. En 2026, il présente Mue, son premier solo — une pièce expérimentale sur ce que les jeunes héritent de leurs aïeux, entre torsions spectaculaires et mémoire intergénérationnelle.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir