Zita Tantely : La Madone du foyer
20 septembre 2016 - AssociationsNo Comment   //   2019 Views   //   N°: 80

Orphelins, déficients mentaux, abandonnés à la naissance, victimes de maltraitances, ils sont 19 à bénéficier des soins du centre d’accueil Les enfants de la Sainte Famille, à Mahajanga. Pour Zita qui gère le foyer depuis 2009, chaque jour est un miracle d’abnégation.

Elle s’appelle Zita, Tatie pour les enfants du foyer. De son vrai nom, Ratolojanahary Zita Tantely. Assistante sociale au centre d’accueil Les enfants de la Sainte Famille dans le quartier d’Antanimasaja, à Mahajanga, Zita est une belle femme d’une trentaine d’années, débordant d’énergie – mais il en faut bien – pour s’occuper à la fois de 19 gamins de 15 mois à 17 ans, tous abandonnés ou victimes de maltraitance. « Mes parents ont eu six enfants mais ont aussi élevé cinq orphelins. Toute petite, j’ai appris à m’occuper d’eux, c’est comme une vocation pour moi. »

Assistante sociale diplômée, elle débute en 2007 au centre d’accueil Enfants du Soleil à Antsirabe, sa ville d’origine. C’est en son sein que germe en 2009 le projet de créer une structure similaire à Mahajanga, Les enfants de la Sainte Famille, qui sera confié à Zita. Et comme toujours son engagement est total, allant bien au-delà de celui d’une assistante sociale qui se contenterait de faire ses huit heures. « J’habite le foyer, j’y suis 24 heures sur 24, c’est seulement ainsi qu’on peut faire un vrai boulot d’éducation. »

Parmi les 19 pensionnaires du centre, quatre sont atteints de handicap mental, d’autres sont orphelins, d’autres encore ont été victimes de maltraitance physique ou sexuelle, confiés au centre sur ordonnance du tribunal. La plupart ont été abandonnés quasiment à la naissance. C’est le cas de Mendrika qui présente une microcéphalie (crâne atrophié) et qui fut abandonné à un mois, déposé comme un paquet d’immondices au bord de la mer. « Au début son visage me faisait peur, mais j’ai pris soin de lui comme de mon propre enfant, dormant à ses côtés pour mieux le surveiller. Je lui ai donné des bains trois fois par jours avec des massages à l’huile pour atténuer la bosse sur son front, causée par la malformation. » Mendrika est maintenant âgé de 7 ans. Apaisé. S’il le souhaite, Zita l’aidera à retrouver ses véritables parents, car « qui peut juger un acte causé par la détresse ? »

Mirado, le plus jeune du foyer, a été retrouvé nu près d’une décharge à ordures, à l’âge de deux mois. « Il était mal en point, on a dû l’hospitaliser deux fois pendant les six premiers mois. Il a fallu attendre un an pour qu’il nous gratifie de son premier sourire. » Point positif, sa mère est réapparue depuis, rongée par le remord. À 15 mois, une nouvelle vie s’ouvre à lui.

Aidés par quatre employés, Zita se sent parfois bien seule face à l’indifférence du monde. Pour son fonctionnement, le centre dépend uniquement des dons que lui fait parvenir L’association Terre Rouge de Madagascar, son seul partenaire permanent qui cherche les financements pour assurer chaque mois les besoins matériels et la scolarité des enfants. Mais bien souvent Zita est obligée de payer de sa poche ou de chercher d’autres sources de revenus. Si les donateurs privés sont là (Rotary Club, Mafoam, Roche Rouge, Galana), l’apport de l’État reste lui plus que symbolique alors que Les enfants de la Sainte Famille est le seul centre d’accueil de ce type fonctionnant à Mahajanga. Cherchez l’erreur.

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