Ziad Daroueche : Pour la vie
7 décembre 2015 - Comores commentaires   //   2775 Views   //   N°: 71

À tout juste 19 ans, il vient de sorti son premier album solo, sobrement intitulé « Maecha » (La Vie). Six titres sans concessions dont l’étonnant « Stop Boko Haram » qui lui valu de jouer récemment au Cameroun. 

Originaire de Mutsamudu (île d’Anjouan), Ziad Daroueche est l’une des valeurs montantes du bluesrock comorien. « Une musique très compatible avec les rythmes déchaînés du M’godro traditionnel », estime-t-il, assorti, en ce qui le concerne d’une bonne dose de funk. Le seul Comorien en tout cas à incarner ce style de musique dans la Grande Ile où il réside pour ses études depuis 2014, inscrit en lettres françaises à l’Université d’Antananarivo.

Issu d’une famille de musiciens, père guitariste, lui-même percussionniste, guitariste et chanteur, il est aussi pour la petite histoire le petit frère de Mounawar, un artiste qui cartonne à La Réunion en imposant une world énergique, nimbée de rythmes comoriens et d’Afro beat (finaliste du Prix musique de l’océan Indien en 2007, il a sorti un premier album Sawa en 2012). « C’est de famille ! A 7 ans, j’accompagnais déjà mon père à la guitare dans les toirab (concours de chants traditionnels) pendant les mariages, chez nous à Anjouan… » Il y apprend la dure loi de l’effort et de la persévérance, et se plaît déjà à mêler le rythme ternaire du M’godro au bon vieux rythme binaire de la musique afro-américaine.

S’il a déjà enregistré aux Comores avec son père, c’est son arrivée à Madagascar qui va donner un vrai souffle à sa carrière de musicien. Multipliant les concerts dans la capitale, très demandé évidemment par la communauté comorienne, il sort dans la foulée son premier album solo Maecha (La Vie) en novembre dernier. Il y chante en shikomori sa langue maternelle mais aussi français. Six titres engagés qui réagissent aux « maux des Hommes et de l’Afrique », comme « Stop Boko Haram » où il dénonce les exactions commises par la secte terroriste au Nigeria et au Cameroun. Une chanson qui lui a valu l’honneur d’être invité à jouer lors de la célébration de la fête nationale camerounaise.

Artiste africain dans toute l’acception du terme, il est proche du chanteur et guitariste guinéen Moh Kouyaté, du grand Maalesh aux Comores, le père de la nouvelle musique comorienne, et à Madagascar d’artistes comme Jimmy Bezaoto ou Tsiliva avec qui il a déjà eu l’occasion de jouer. Une nouvelle génération est en marche.

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