ZamZam : Prête-moi ta plume
6 octobre 2015 - Comores Diaspora commentaires   //   2802 Views   //   N°: 69

Elhad Ahamada Moinahalima est plus connue dans la Grande Ile par son nom de scène de ZamZam. Poétesse et slameuse, elle vient tout juste, à 18 ans, de lancer la première revue entièrement consacrée à la poésie comorienne. Valeur montante !

Poétesse et slameuse (presque un pléonasme), ZamZam écrit en français et en shikomor, la langue des Comores. Sa marque de fabrique, un humour poil à gratter qui ne laisse jamais insensible. En voici un échantillon : « L’important dans la vie c’est de reconnaitre ses erreurs. Exemple : hier j’ai vu mon ex et je l’ai reconnu. » « La plume est la meilleure des épées », reconnaît la jeune femme originaire de la ville de Mbéni, Hamahamet, dans la Grande Comore.

A 18 ans, elle est déjà bien connue des internautes et a même fait la une de plusieurs magazines comoriens pour son engagement en faveur de la valorisation du shikomor. 

C’est ainsi qu’elle en est venue à créer en septembre dernier Tsandza kalamu (littéralement « J’aime la plume »), le premier journal entièrement consacré à la poésie aux Comores ! Elle a lancé cette publication dans le cadre de son club Art’poésie, créé dans le but d’inciter les jeunes à promouvoir la poésie comorienne : « écrire est l’affaire de tous », estime-t-elle.

Arrivée à Tana en septembre 2014 pour entreprendre des études dans les métiers du bâtiment et travaux publics, elle doit rentrer en toute hâte aux Comores en février 2015 en raison de problèmes de santé. Depuis, elle a orienté ses études dans le domaine des sciences économiques et se consacre au développement du shikomor à travers le slam et la poésie. Encadrée par le grand poète comorien Mab Elhad, ZamZam qui était jusque-là une grande timide, commence à faire de la scène et à imposer sa conception du slam, « une mise en jeu de la voix, des mots et des émotions ».

Son champ de prédilection demeure l’amour : « un thème important dans une société où cela a longtemps été considéré comme un grand tabou, surtout quand c’est une fille qui en parle. » En plus de Mab Elhad, son maître à penser, ZamZam côtoie beaucoup d’artistes qui comptent aujourd’hui aux Comores, dont le chanteur Farid Youssouf, originaire lui aussi de Mbéni, l’écrivain et journaliste Aboubacar Said Salim ou encore le slameur Absoir Mohamed.

Elle collabore aussi au plan international avec d’autres slameurs comme Cheich Thiam du Sénégal ou Negus de l’île Maurice. Madagascar reste toutefois son « point d’ancrage ». « J’y ai fait mes premiers pas dans le slam et je dois beaucoup à des slameurs comme Dadilahy, Gad Bensalem ou Caylah. Nos sensibilités sont proches, on fait vraiment partie de la même famille… » Talent à suivre, comme on dit.

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