Patricia Wright : L’île des lémuriens
7 mai 2014 - Nature commentaires   //   1038 Views

L’avant-première de « Island Lemurs » à New York en février dernier promet déjà d’en faire un classique du documentaire animalier. Porté par la voix de Morgan Freeman, sur une musique de Hanitra Ranaivo, il raconte trente ans de la vie de la primatologue Patricia Wright au service des lémuriens. Sortie malgache en septembre.

Les lémuriens de la Grande Ile font à nouveau parler d’eux, cette fois sous la forme d’un documentaire animalier en 3D intitulé Island of  Lemurs (L’Ile des lémuriens). Réalisé par David Douglas pour Warner Bross Pictures et Imax Entertainement, il met en scène le  Pr  Patricia Wright, une des spécialistes mondiales des lémuriens, que l’on suit pendant cinq mois dans le parc  naturel de  Ranomafana,  à l’est du pays, et dans les Tsingy. Ses travaux qui s’étalent sur trois décennies l’inscrivent dans la lignée de la grande primatologue américaine Alison Jolly, pionnière des études sur les lémuriens de Madagascar (voir notre édition de février), qui vient tout juste de disparaître, en février dernier à l’âge de 75  ans.

Fondatrice du  Centre Valbio,  rattaché à de l’Institut pour la conservation de l’environnement tropical, on doit notamment à Patricia Wright la découverte du  lémurien bambou d’or (Hapalemur aureus), en 1987 à Ranomafana. C’est d’ailleurs à partir  d’un projet de conservation des lémuriens qu’elle a piloté que le parc a pu être créé en 1991. « Je connaissais David Douglas pour son  documentaire 3D Nés pour être sauvage sur les éléphants du Kenya et les orangs-outans d’Indonésie. Je lui ai dit qu’il y avait la possibilité de faire un film sur les lémuriens de Madagascar . Il a fait une reconnaissance en 2011 et le tournage du film a eu lieu entre août et décembre 2012 », explique la scientifique.

A travers ce film en relief, l’objectif est de mieux faire connaître au monde la faune et la flore malgaches, passablement déformées par le dessin animé Madagascar… Le texte est dit par l’acteur Morgan Freeman sur une musique de la Malgache Hanitra Ranaivo. Traversant tour à  tour les déserts épineux, les tsingy, la forêt tropicale humide, on croise toutes les familles de  lémuriens : les microcèbes (lémuriens nains), les propithèques de Verreaux (sifaka), les Indris-indris, les plus proches de l’homme par leur taille,  les lémurs noirs et blancs, les makis catta… Des populations en voie de disparition en raison du braconnage et des feux de forêts. « Ce film est aussi un cri d’alarme. Il sera diffusé dans toutes les salles du monde et on espère qu’il va vraiment contribuer à sensibiliser l’opinion mondiale sur le sorte des lémuriens. D’après la première qui a été faite à New York le 1er février dernier, il es clair qu’il ne laisse pas indifférent. Il sortira dans les salles américaines en avril prochain, et si tout se passe bien, en septembre à Madagascar. »

Commentant la disparition d’Alison Jolly, elle reconnaît la « dette immense » que la primatologie actuelle doit à cette précurseuse. « Elle a formé de nombreux étudiants malgaches, c’était un modèle pour nous tous. Elle nous manquera par sa sagesse, son intelligence et son attention particulière à la conservation. Ses livres comme Seigneurs et lémuriens ont permis d’apporter un autre regard sur Madagascar et sur le monde mystérieux des lémuriens. Toute l’ambition de ce film est de parvenir au même résultat. »

Aina Zo Raberanto

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