Mbarakaly: L’émission qui casse la baraque
22 juillet 2014 - Éco Médias commentaires   //   2019 Views

Émission culturelle phare des années 80, Mbarakaly a repris l’antenne il y a trois ans sur la chaîne nationale TVM (Televiziona Malagasy). Entre prestations artistiques et reportages, l’émission a retrouvé son public de toujours, mais a su également s’attirer de nouveaux fans.

Malgré son absence du petit écran pendant des années, Mbarakaly (formule de salutation betsimisaraka) reste une émission très regardée. C’est un peu normal quand on sait que les plus célèbres chanteurs de l’île s’y sont fait connaître : Rossy, Jaojoby, Bodo, Poopy, Régis Gizavo, Njila, Tselatra… Depuis sa création par le réalisateur Abel Rakotozanany et son comparse Jacques Andriamahazosoa, le concept n’a pas bougé : mettre en valeur la diversité culturelle de Madagascar dans tous les domaines artistiques.

« C’est une émission qui parle de cuisine, de danse, de mode, de peinture, de nouvelles technologies, et bien sûr de musique. Nous intégrons des petits reportages avec des personnes qui apportent une nouvelle vision », souligne Harrison Ratovondrahona, le présentateur. En tout, une vingtaine d’invités sont réunis sur le plateau, tous les deux mois de 15 heures à 17 heures. « Le dimanche est un bon créneau parce que toute la famille est devant la télé. Nous la rediffusons le vendredi de 9 heurs à 11 heures. » Après avoir été en PAD (prêt à diffuser) pendant deux ans, Mbarakaly est désormais en direct sur la TVM et la RNM (Radio Nasionaly Malagasy) depuis le mois de décembre, « comme à ses débuts. »

Les invités sont sélectionnés en fonction des thèmes, comme « la culture et l’environnement » tourné au parc national de Ranomafana, ou encore « Antokotaona telo ary ara telo » (Trois générations, trois arts), soit trois générations d’artistes œuvrant dans trois disciplines différentes, dont le tournage s’est déroulé à la Gastro Pizza d’Ivato. « Dans les années 80, le plateau de Mbarakaly était au CCAC d’Analakely, l’actuel IFM. Aujourd’hui, nous voulons plus de dynamisme, donc nous choisissons un endroit différent pour chaque tournage. » Comme Mbarakaly exige un budget et des ressources humaines conséquentes, l’émission est devenue bimensuelle et non plus mensuelle.

Pour mettre en avant la culture malgache, les réalisateurs veulent s’ouvrir à toute l’île et au-delà. « Nous faisons aussi des émissions spéciales dans le cadre de festivals, comme celui de Mamahoaka dans le Vakinankaratra. Toute l’équipe s’est déplacée pour l’événement. Cela permet à la région de se faire connaître. De plus, grâce à la transmission de la TVM par le satellite, on nous regarde à l’étranger. » Il est encore difficile de mesurer le taux d’audience de l’émission mais la chaîne a les réseaux sociaux comme Facebook pour mesurer le feed-back du public. « Il y a beaucoup de réactions et certains nous proposent même des idées d’émissions. C’est le signe que nous sommes très suivis même si nous ne pouvons pas encore le quantifier. »

Pour Harrison Ratovondrahona, la raison du succès de Mbarakaly est que c’est une émission purement malgache, et non pas calquée comme tant d’autres sur les programmes étrangers. « Nous constatons que Mbarakaly reste une référence culturelle. Les jeunes artistes se bousculent pour y apparaître, comme Agrad Skaiz, Deenyz, Raboussa… » Un véritable tremplin pour les artistes d’hier et d’aujourd’hui.

Aina Zo Raberanto

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