Whale watching : Sur les traces du « dieu de la mer »
2 août 2015 - Escales commentaires   //   1686 Views   //   N°: 67

Entre juin et septembre, les baleines à bosses se retrouvent au large de Madagascar après un long périple depuis l’Antarctique. Le canal de Sainte- Marie, grâce à ses eaux peu profondes, leur sert de piscine naturelle pour se reproduire. L’occasion de les approcher et de les observer de façon responsable.

Il est huit heures du matin à Nosy Boraha (Sainte- Marie). Quelques nuages gris s’étirent au-dessus des mangroves. Au mois de juillet, le temps se gâte vite, mais cela n’empêche pas les amoureux de la mer de prendre le bateau pour s’approcher des baleines à bosses (Megaptera novaenligae) qui croisent au large. En anglais, on appelle ça le whale watching, observation des baleines ou « tourisme baleinier ». Une activité en pleine expansion à travers le monde et plus lucrative dans certains pays que la chasse à la baleine elle-même, et ça, c’est une bonne nouvelle !

La journée commence par une séance de briefing avec des écovolontaires, des étudiants recrutés par les hôtels de Sainte- Marie pour accompagner les touristes. La séance ne dure pas plus de vingt minutes. Imperméables et gilets de sauvetage de rigueur. Direction la plage où nous attend un hors-bord de trois mètres, d’une capacité d’accueil de huit personnes, tracté par un moteur de 115 chevaux. Le règlement stipule que la puissance maximale du bateau doit être de 300 chevaux. Au-delà, les bruits risquent de désorienter les baleines qui communiquent entre elles mais aussi avec leur environnement (écholocation) par ondes sonores.

Comme il ne fait pas beau ce matin-là, il va falloir scruter longtemps l’horizon, en vain. « Ce sont des animaux sauvages, si on veut voir des baleines sans prendre la peine de les chercher, il faut aller dans les aquariums », plaisante Fifou, qui conduit le bateau. En sa qualité de directeur des recherches de CétaMada, l’association pour la protection des mammifères marins autour de Madagascar, il est devenu en quelque sorte un expert de la baleine à bosse. « Elles sont bien là, mais à cause de la pluie, leur souffle est moins repérable. Pourtant, par temps dégagé, on peut les apercevoir à des kilomètres à la ronde », assure-t-il.

Nous sommes maintenant à sept ou huit kilomètres de la côte. Après avoir été malmenés par les vagues durant trois tours d’horloge, six fausses alertes et six changements de direction, on perçoit soudain un grand souffle, aussitôt emporté par le vent. Un Zagnaharibe (grand ancêtre), comme les appellent les Saint-Mariens ! Nouveau changement de cap. On file à 30 km/h en direction de la baleine. Elle est stationnaire, probablement en train de jouer, sachant qu’en déplacement elle peut atteindre jusqu’à 25 km/h. Pas mal pour un mastodonte de parfois 15 tonnes !

Quelques minutes plus tard, nous tombons sur une juvénile d’environ 4 ou 5 mètres – les adultes dépassent facilement les 15 mètres. Conformément au code de bonne conduite, le horsbord se tient à une distance de 50 mètres, en compagnie de deux autres bateaux. Comme si elle se savait observée, la baleine nous gratifie alors de quelques sauts majestueux, puis d’un coup bondit hors de l’eau, nous dévoilant son magnifique manteau gris et blanc. Après 20 minutes d’observation, le bateau reprend la direction de la côte. Une seule baleine aperçue, mais les touristes sont satisfaits : ils ont eu leur content d’émotion et leurs appareils photos ont crépité comme jamais. Des images inoubliables.
 

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