Vozama
23 octobre 2012 - AssociationsNo Comment   //   1486 Views   //   N°: 33

Présent dans plus de 600 villages, le Vozama (Vonjeo ny Zaza Malagazy) veut aider les parents à « sauver leurs enfants » de l’illettrisme et de la mendicité. Un vaste programme qui profite à ce jour à plus de 10 000 enfants.

Au départ de Fianarantsoa, il faut trois heures de pistes, tantôt à moto, tantôt à pied, à travers des montagnes aussi somptueuses que sauvages. Improbable dans ce paysage lunaire, un village de plus de 1 000 âmes dont presque la moitié d’enfants.

C’est ici que le dernier centre Vozama s’est ouvert à la demande active des parents : « C’est loin, ça pose des problèmes d’accès et de sécurité, mais ça fait partie de la démarche du Vozama ». La démarche ? « Mettre les enfants sur le chemin de l’école, en partenariat avec les parents », explique frère Claude.

Forte tête mais regard doux, cet Alsacien au verbe incisif, à Madagascar depuis plus de cinquante ans, dirige le Vozama depuis 2002. Sous son impulsion, la vocation originelle de cette association, l’alphabétisation des petits enfants dans les villages pauvres et reculés, s’est élargie : « On travaille en collaboration avec les parents pour donner une impulsion aux communautés villageoises et créer une dynamique de développement », continue-t-il.

 Le principe d’un centre Vozama est simple : les parents mettent à disposition un local, payent un faible écolage et proposent une monitrice, issue du village. Payée et formée par le Vozama, elle apprend à lire et à écrire, trois heures par jour, à une vingtaine d’enfants de moins de six ans, avec l’aide d’un manuel préscolaire adapté à la culture rurale.

Aux parents sont proposées tous les mois des formations à l’hygiène, à l’économie domestique, à la nutrition ou au respect de l’environnement. Récemment, d’autres projets se sont greffés sur ces petites écoles, comme la réhabilitation de bornes fontaines ou la mise en place de nouvelles cultures pour éviter les périodes de soudure.

Présente depuis maintenant quinze ans autour de Fianarantsoa et Ambositra, le Vozama suit prêt de 600 monitrices et dispense plus de 200 formations parentales par an. Un impact fort grâce au soutien indéfectible des communautés villageoises : « Si les parents se désengagent, on peut fermer le poste, pour en ouvrir un ailleurs. C’est un projet partagé, pas imposé », conclut frère Claude.

Lucide mais toujours optimiste, il voit les résultats non dans les chiffres mais dans le comportement des parents qui s’organisent pour envoyer dans les écoles les plus proches les enfants qui ont été préscolarisés dans un centre Vozama. Loin de l’assistanat, le Vozama ne se substitue donc ni à l’État ni aux parents, mais les épaule dans leur difficile mission d’éducateur.

Bénédicte Berthon-Dumurgier
Contact sur www.nocomment.mg

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