Voyage chez les Zafimaniry
1 août 2012 - Escales Escales commentaires   //   1388 Views   //   N°: 31

Après les Mikeas que nous vous présentions dans une précédente édition (no comment® 21), le photographe Youry Bilak revient avec un reportage inédit sur les Zafimaniry. À consulter également sur son site. 

Après avoir quitté la RN7 à Ivato, au bout d’une piste de 26 km et une heure de route, nous arrivons à Antoetra, centre névralgique du peuple Zafimaniry, habitants des hauts plateaux, connus pour leur art de la sculpture sur bois, une tradition séculaire. Ravi à l’idée de découvrir cette région où la marche à pied est le seul moyen d’accès : même la charrette à zébus ne passe pas ici. Rémi, fervent défenseur de cette culture nous guidera jusqu’à l’un des nombreux villages Zafimaniry. Ma volonté étant de rencontrer les habitants d’un village vierge de tout tourisme, nous voilà en route pour Ifempona. 

La diversité des paysages tout au long de cette marche est époustouflante. Au passage nous constatons là encore, que malgré les efforts du gouvernement, la culture sur brûlis comme dans le reste de l’île de Madagascar fait des ravages. À l’entrée du village, une école en construction, constituée de pierre et ciment. Inhabituel chez les Zafimaniry ! 

On m’explique qu’à cause de la pénurie de bois, cette école ne sera pas bâtie de manière traditionnelle, comme cela est prescrit dans la coutume ancestrale. Les rochers trouvés et cassés sur place serviront de pierres à l’édifice, le sable provient de la rivière du village où l’on peut également voir de jeunes enfants s’improviser chercheurs d’or.

Le ciment vient d’Antoetra, à cinq heures de marche de là. Une chaîne humaine de femmes et d’hommes s’est organisée. Chacun porte un sac de 25 kg de ciment sur ses épaules. Une ONG se charge de les rémunérer… 5 euros par personne et par voyage.

Après cette longue marche, nous sommes accueillis dans la maison du tangalamena (chef du village) Razafimamonjy. Comme le veut la tradition, c’est à lui que nous demandons la permission de nous installer pour plusieurs jours. 

Il est assis sur un tabouret en bois sculpté, entouré de toute sa famille. La maison est enfumée par un feu qui fait office de cuisine. Le plafond est tapissé de maïs, cultivé aux portes du village dans des cultures en terrasse au même titre que le riz.

Chaque portion de bois que compose la maison est sculptée, les objets de la vie courante également, un authentique artisanat d’art. Aux fenêtres, les enfants du village s’affairent, ils sont venus voir ces Vazaha… 

Texte et photos : © 2012 – #YouryBilak

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