Vita bacc: Deux nuits pour s’éclater
1 juillet 2013 - TraditionsNo Comment   //   1233 Views   //   N°: 42

Depuis des décennies, les élèves des classes terminales ont hâte que l’année scolaire se termine. Tous ne décrocheront peut-être pas le bac, mais une chose est sûre, la fête sera au rendez-vous pour tout le monde avec les deux soirées du défoulement après-bac. Parents, n’écoutez pas !

Chaque année, les nuits du jeudi et du vendredi qui suivent les examens du baccalauréat sont très mouvementées. On les appelle communément « défoulement après-bac », et depuis quelque temps manala vita bacc (graphie malgache), du nom du concert que le percussionniste Olombelo Ricky organise tous les ans à cette occasion. Bacheliers, recalés, vieux étudiants, peu importe, tout le monde est de la fête, le temps de deux soirées où il n’y aura pas que du jus de corossol qui va couler dans les gobelets. Chaque année, la presse s’en indigne et décrit le spectacle « affligeant » de ces ados, garçons ou filles, qu’on retrouve le lendemain matin affalés devant les entrées des salles de spectacle ou de fêtes. La mine défaite. La langue pâteuse. Grosse gueule de bois assurée. « On dit que certains d’entre eux découvrent le sexe durant ces nuits-là. Bien entendu, il ne faut pas généraliser », relève Juliette Raharinivonirina, psychothérapeute pour adolescents.

« Il n’y a pas lieu de les blâmer s’ils veulent faire la fête. Ils viennent de passer la semaine la plus rude depuis leur enfance », clame-t-elle. Pour elle, le défoulement après-bac est en soi bénéfique : il permet à l’adolescent de décompresser après des semaines d’intense bachotage et surtout d’exister pleinement par rapport à son groupe d’âge. Une espèce de rite social, d’examen d’entrée à la vie adulte en somme. Le tout est de ne pas faire n’importe quoi. « Ce sont des jeunes inexpérimentés en plein de domaines. Ils ne maîtrisent pas forcément le mode d’emploi. Il faut les mettre en garde avant, à l’école par exemple, pour éviter qu’ils ne se retrouvent dans des situations délicates ou dangereuses. Il y a des bêtises qu’on regrette toute sa vie… »

Solution radicale, l’accompagnement imposé des parents. Papa maman qui surveillent du coin de l’oeil pendant que fifille danse le Gangnam Style avec ses copines. Très sûr pour éviter les ennuis, mais pas forcément du goût de l’ado qui réclame en ces jours de « relâche » un vrai droit à l’émancipation. « C’est atroce de s’éclater avec les parents qui te surveillent. À huit heures, ils te font comprendre qu’il faut déjà rentrer. Tes copines te prennent pour une demeurée, tu es grillée pour toute l’année », estime Mandimbiniaina qui prépare depuis des semaines sa tenue vita gasy. Presque aussi bien préparée que son bac ! Solution intermédiaire, le grand frère ou la grande soeur. À condition qu’ils résistent eux-mêmes aux sirènes de la fiesta. Bref, un peu de tenue, que diable ! Et comme dit l’autre : il faut que jeunesse passe…

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