Tsimanapetsotse : Le cimetière sous les eaux
10 mars 2015 - Nature commentaires   //   1603 Views   //   N°: 62

Au mois de janvier, des scientifiques américains annoncent la découverte dans le Sud-Ouest de trois grottes enfouies à 35 mètres sous les eaux, contenant les restes de nombreux lémuriens. Il pourrait s’agir de la plus grande collection de fossiles d’espèces de lémuriens éteints jamais découverte. 

Digne d’un scénario à la Jurassic Park. Tout commence quand un plongeur, guide touristique de son état, décide de visiter trois grottes sous-marines jusque-là inexplorées. Nous sommes au coeur du parc national du Tsimanapetsotse, province de Toliara, un ensemble de 43 200 hectares ramassés autour du seul lac salé du pays. Ce qu’il découvre dans ces grottes appelées Malazamanga, Mitoho et Aven Cave, d’une longueur de trois kilomètres en moyenne, ne manque pas de l’intriguer : des ossements fossilisés apparemment très anciens dont il remonte quelques échantillons. Parmi eux, ce qui a tout l’air d’être des crânes de lémuriens. Il contacte aussitôt la prestigieuse revue américaine National Geographic (qui finance aujourd’hui les recherches), laquelle alerte à son tour des paléontologues de l’Université du Massachussetts et du Brooklyn Collège. Des scientifiques de l’Université d’Ankatso sont également contactés.

Cette découverte s’avère remarquable à plus d’un titre. De par le grand nombre de fossiles découverts mais aussi en raison de leur qualité de conservation. « Ils sont très complets, c’est inhabituel en paléontologie, souvent vous découvrez des os cassés ou des parties de corps séparées les unes des autres. Ici, tout est en bon état », souligne Alfred Rosenberg, anthropologue au Brooklyn Collège, qui a pu étudier les premiers fossiles. Même enthousiasme du côté des scientifiques malgaches.

« On n’a jamais rien vu de pareil. On a pu mettre la main sur deux espèces éteintes de lémuriens, dont le Megaladapis, une espèce disparue il y a 500 ans », fait valoir le Dr Armand Rasoamiaramanana, un des paléontologues de la mission scientifique. Sans oublier les ossements d’autres espèces de vertébrés terrestres d’un intérêt scientifique exceptionnel.

Comme le fossa géant (Cryptoprocta spelea), l’aepyornis ou « oiseau éléphant », ou encore l’hippopotame nain, le crocodile marin et plusieurs rongeurs d’espèces elles aussi éteintes. « C’est un véritable trésor, et qui n’a pas fini de nous réserver bien des surprises », souligne le Dr Armand Rasoamiaramanana.

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