Trois microcèbes de plus… …mine de lémurien !
27 mai 2016 - Nature commentaires   //   1787 Views   //   N°: 77

Aux 113 espèces de lémuriens connus, dont 24 nocturnes, que Madagascar compte parmi ses habitants, il faut ajouter trois petits nouveaux : le Microcebus Ganzhorni, le Microcebus Manitatra et le Microcebus Boraha. 

Grâce aux expéditions menées aux quatre coins de l’île par les chercheurs allemands du Centre allemand de primatologie et de l’université de Hambourg, malgaches de l’université d’Antananarivo, et américains de l’American Duke Lemur Center et de l’université du Kentucky, trois nouvelles espèces de lémuriens nocturnes, des microcebus pour être plus précis, viennent d’être observées. En 2013, grâce au Plan stratégique de conservation des lémuriens de Madagascar, la multiplication des expéditions de recherches a permis de plus en plus de découvertes. 

Selon le primatologue Tovonanahary Rasolofoharivelo, l’élargissement du domaine de recherche a aussi beaucoup aidé à identifier les espèces : « Il y a d’abord la génétique. En 1998, on ne comptait que trois sortes de lémuriens nocturnes, mais grâce à cette méthode, on a pu en distinguer plus d’une vingtaine. Il y a aussi la fonction ou le service écologique, qui est un domaine très en vogue car il permet de lutter contre le changement climatique. ».

Le Microcebus Manitatra a été découvert à l’ouest. Les expéditions se sont ensuite élargies un peu plus dans le sud-est, où a été aperçu le Microcebus Ganzhorni, nommé ainsi par l’écologue allemand Jörg Ganzhorn. Enfin à l’est, sur l’île de Sainte-Marie, le Microcebus Boraha a montré le bout de son museau. Si avant le Congrès international de primatologie de 1998, la différenciation était basée sur la morphologie, dorénavant il faut considérer la taxonomie (science de la classification) des espèces : « Certains scientifiques affirment que le patrimoine génétique est plus proche entre l’Homme et le chimpanzé qu’entre ces microcèbes », nous explique le primatologue. Ainsi, le développement des activités des recherches est encore vaste grâce aux avancées de la technologie.

Malheureusement, on estime que de nombreuses espèces ne sont pas encore découvertes, et que si elles existent sont déjà menacées ou disparues (on devrait dire anéanties, ce n’est pas de la magie !). Rappelons qu’en 2012, l’évaluation du statut de conservation des espèces menacées de l’Union internationale de la conservation de la nature a permis d’apprendre que 91 % des espèces de lémuriens sont sur le point de s’éteindre, les principaux fléaux étant la déforestation et le braconnage. Néanmoins, Tovonanahary Rasolofoharivelo reste confiant, car selon lui de plus en plus de chercheurs malgaches vont sur le terrain : « Nous avons actuellement cinq professeurs et 50 doctorants en primatologie et grâce aux recherches qui ne cessent de se multiplier, nous espérons avoir de plus en plus de résultats ». Tous les deux ans, ils procèdent à la publication des fruits de leur recherche. Et sont actuellement en grands pourparlers à l’Unesco pour qu’une journée mondiale des lémuriens voie bientôt le jour. Et l’Unesco, l’est mûr !

Le primatologue
Tovonanahary Rasolofoharivelo.

Tovonanahary Rasolofoharivelo : 032 40 393 77

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