Trois garçons et une Fy
1 juin 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   4577 Views   //   N°: 65

Alors que Raboussa fête dignement cette année ses 15 ans d’existence, sa chanteuse a brillamment marqué le coup en janvier dernier en mettant au monde trois garçons. Joli triplet, le futur du rap malgache est assuré ! 

« Ma maman à moi… est une rappeuse. » Cela pourrait être la version malgache du fameux titre du rappeur Stomy Bugsy Mon papa à moi est un gangster. Avec refrain entonné à trois voix, soit le nombre de garçons que Tianasoa Fy Ratsisehera, la chanteuse du Raboussa, a mis au monde le 16 janvier dernier. Oui des triplets ! Nommément Ray, Avo, et Tsiry. Une parenthèse maternité qui n’a pas empêché Fy de participer au grand concert que Raboussa a donné le 27 avril dernier au Palais des sports et de la culture de Mahamasina pour célébrer ses 15 ans d’existence : « Le rap est ma passion, chanter est mon métier. Avoir des enfants ne doit pas être un frein, bien au contraire. C’est comme toutes les mamans qui doivent aller travailler ! Pendant les répétitions, il n’est pas question que j’emmène les triplets, il faut que je puisse me concentrer. »

On l’a donc retrouvée sur scène aux côtés de ses deux compères Niry Raboussa et Tom, le temps de feuilleter l’album de famille de l’un des groupes pionniers du rap malgache, de Tonga indray (De retour) à leur dernier titre Kaiza kaiza (Salut, salut). Une histoire commencée en 1991 quand, sous l’influence de chanteurs comme MC Solaar ou Alliance Ethnik, Razoky Raboussa (« Grand frère Raboussa ») écrit ses premiers textes. A cette époque le rap gasy se résume à deux ou trois noms : Dahop, 18.3 et bien sûr Raboussa.

Quand Fy ne chante pas, elle est au petit soin pour sa progéniture, mais n’oublie pas non plus qu’elle est une auteure très inspirée. On lui doit notamment ces petits bijoux plein de finesse que sont Izay anovana azy (On fait comme on veut) ou Te ho any aminao (Près de toi), textes apportant une touche féminine finalement salutaire au gros rap qui tache. En tout cas, c’est cette écriture subtile qui marque pleinement l’identité de Raboussa, groupe de rap 100 % anti-machos, c’est si rare ! La jeune femme avoue ne plus savoir combien de textes elle a écrit depuis ses premiers pas au sein du clan de rappeur Bogota , en 1998, et le début de son aventure avec Raboussa en 2004. La perspective d’une carrière solo ne la branche pas particulièrement, car elle n’est jamais autant à l’aise que lorqu’elle joue collectif. « J’aime être avec Raboussa, on se connaît depuis si longtemps. Niry et Tom font partie de ma famille, pourquoi aller voir ailleurs quand on a déjà tout ? » Un esprit de famille encore plus soudé avec la venue des triplets : la next-gen du rap malgache ?

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