Tonjaka : Un, deux, trois… katrehake !
4 juin 2012 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1056 Views   //   N°: 29

En relançant le katrehake, une danse traditionnelle des campagnes, Tonjaka entend apporter un frisson nouveau au tsapiky. Après tout, Tsiliva ne s’y est pas pris autrement en remettant à l’honneur le kilalaky, la danse des voleurs de zébus ! 

Ramanatonjaka Tsiresy Joselvin, dit Tonjaka. Retenez bien ce nom. C’est celui de l’inventeur du katrehake, une danse nouvelle destinée à apporter un frisson supplémentaire à la grande musique du sud. Nouvelle ? Pas tout à fait. Il s’agit à la base d’une danse traditionnelle que Tonjaka entend remettre au goût du jour, quitte à la moderniser. « Dans la brousse, le ketrahake se danse au son du tambour. Mêlé au tsapiky il peut facilement vous faire tomber en transes », prévient-il. Âgé de 32 ans, il habite le village de Bekinagna, mais aime se référer à la ville d’Ejeda, coeur du pays Mahafaly, dont sa famille est originaire. Une famille de musiciens très versée dans l’art du tsapiky, comme son grand-père Etojy Joseph, « un joueur de valiha et de marovany très respecté de son vivant », explique-t-il.

C’est grâce à lui qu’il apprend à jouer de son instrument fétiche, la mandoline. Un mot du tsapiky, cette musique du Sud-Ouest apparue au début des années 80 avec l’arrivée des guitares électriques et des gros amplis. 

La plus « africaine » des musiques malgaches sans laquelle il ne saurait y avoir, du moins dans le Sud, mariages, circoncisions ou famadihana (engalolo, comme on dit à Tuléar).

Quatrième d’une fratrie de sept enfants, Tonjaka doit très tôt gagner sa croûte et c’est comme joueur de mandoline qu’il intègre des orchestres très connus du Sud, comme Solange Kininike, Les Métis, CeCy ou Los Belia. Avec eux, il apprend le tsapiky authentique, le tsapiky des campagnes, poussé jusqu’à la transe… Des concerts qui peuvent durer jusqu’à l’aube et où tout est bon pour impressionner le public, comme de jouer à la fois de la guitare rythmique et de la basse, une des spécialités de Tonjaka ! Dans la foulée, le « bambino du Sud », toujours accompagné de sa mandoline, crée sa propre formation qu’il baptise Tonjaka et constituée pour l’essentiel de ses propres frères. Et c’est là, toujours à la recherche d’effets nouveaux, qu’il en vient à penser au katrehake. Au marovany traditionnel, il ajoute la folie de l’amplification et toute la panoplie des instruments électriques, donnant naissance à une danse particulièrement festive.

« Mon katrehake ne vient concurrencer personne », précise Tonjaka, conscient d’être dans une tradition où la danse n’a jamais nui au tsapiky. C’est ainsi qu’en plus du kolitsake, où les danseurs imitent la démarche d’un infirme, ou du kininike, ce tremblement frénétique des fesses qu’exécutent les danseuses alors que le reste du corps est immobile, il y aura désormais le katrehake ! Pour en apprendre les pas, il suffit de se brancher sur son premier album, actuellement en bouclage, Ameo lala Tonjaka, qu’il annonce « explosif ». Le genre de chose que même le coupé décalé africain a l’air d’une danse des canards à côté, affirme-t-il. Sérieux ? 

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