Tojo Alain : « Les Malgaches n’aiment pas leur pays »
14 juillet 2016 - Cultures Livres commentaires   //   1857 Views   //   N°: 78

Élu « meilleur projet » lors de la septième édition de la bande dessinée d’Alger en 2014, « Tangala » sort enfin aux éditions Des Bulles dans l’Océan. Rabemanantsoa Tojo Alain, dit Tojo, y dévoile un pan de l’histoire coloniale récente. Une BD historique qui se veut aussi le reflet de la société actuelle.  

Qui est Tangala, le héros de l’album ?
Tangala signifie jeunes aînés, contrairement aux Tangalamena qui sont les anciens ou les chefs. L’histoire se déroule dans les années 1940 quand le pays était encore une colonie française. Tangala veut ressembler aux Français qui occupent alors Madagascar. Il est éduqué, issu d’une riche famille avec un père médecin et une mère qui possède une plantation de riz dans la région d’Ambatondrazaka. Engagé comme militaire à Toulon, il devient ensuite un homme d’affaires qui vend des produits de luxe de Paris et fournit les grands hôtels de Tana. Mais un jour, il se rend compte que ni les Français qu’il considérait comme ses amis ni les Malgaches ne l’apprécient. Son business capote, sa maison est brûlée par les étrangers. Il commence à se rebeller et devient patriote.

Pourquoi cette époque ?
L’album parle aussi d’aujourd’hui. J’ai créé cette BD après avoir remarqué combien les jeunes sont fascinés par les modèles étrangers. Tout comme Tangala l’est à son époque. Les Malgaches n’aiment pas leur pays, en ont honte, cela peut choquer mais c’est que je constate. Je voulais raconter une histoire originale. Cela m’a pris deux ans. En parallèle, je dessinais des caricatures pour les journaux locaux. Ce sont des amis bédéistes, Pov et Dwa, qui m’ont branché avec mon éditeur. Depuis, nous avons travaillé sur Tangala et réécrit tout le texte avec le scénariste Motus. Lors d’un voyage à La Réunion, le projet a rencontré un vif succès.

Pourquoi la bande dessinée ?
Je suis tombé dedans en faisant des concours à l’école, il y a une bonne trentaine d’années. Mais c’est aussi en regardant mon père qui était un passionné de dessin et de peinture. Il participait à des concours qu’il n’a jamais gagnés. Frustré, il m’a interdit de faire des dessins, mais j’ai continué. Même si je fais de la peinture, c’est la bande dessinée qui m’inspire le plus et c’était très à la mode à l’époque où j’ai commencé. Malheureusement, ni mes parents, ni moi n’avions les moyens d’en acheter. Je n’ai jamais désespéré. Grâce aux voyages, j’ai pu rencontrer beaucoup de dessinateurs qui m’ont permis d’avancer dans ce domaine.

Qui est Tangala, le héros de l’album ?
Tangala signifie jeunes aînés, contrairement aux Tangalamena qui sont les anciens ou les chefs. L’histoire se déroule dans les années 1940 quand le pays était encore une colonie française. Tangala veut ressembler aux Français qui occupent alors Madagascar. Il est éduqué, issu d’une riche famille avec un père médecin et une mère qui possède une plantation de riz dans la région d’Ambatondrazaka. Engagé comme militaire à Toulon, il devient ensuite un homme d’affaires qui vend des produits de luxe de Paris et fournit les grands hôtels de Tana. Mais un jour, il se rend compte que ni les Français qu’il considérait comme ses amis ni les Malgaches ne l’apprécient. Son business capote, sa maison est brûlée par les étrangers. Il commence à se rebeller et devient patriote.

Pourquoi cette époque ?
L’album parle aussi d’aujourd’hui. J’ai créé cette BD après avoir remarqué combien les jeunes sont fascinés par les modèles étrangers. Tout comme Tangala l’est à son époque. Les Malgaches n’aiment pas leur pays, en ont honte, cela peut choquer mais c’est que je constate. Je voulais raconter une histoire originale. Cela m’a pris deux ans. En parallèle, je dessinais des caricatures pour les journaux locaux. Ce sont des amis bédéistes, Pov et Dwa, qui m’ont branché avec mon éditeur. Depuis, nous avons travaillé sur Tangala et réécrit tout le texte avec le scénariste Motus. Lors d’un voyage à La Réunion, le projet a rencontré un vif succès.

Pourquoi la bande dessinée ?
Je suis tombé dedans en faisant des concours à l’école, il y a une bonne trentaine d’années. Mais c’est aussi en regardant mon père qui était un passionné de dessin et de peinture. Il participait à des concours qu’il n’a jamais gagnés. Frustré, il m’a interdit de faire des dessins, mais j’ai continué. Même si je fais de la peinture, c’est la bande dessinée qui m’inspire le plus et c’était très à la mode à l’époque où j’ai commencé. Malheureusement, ni mes parents, ni moi n’avions les moyens d’en acheter. Je n’ai jamais désespéré. Grâce aux voyages, j’ai pu rencontrer beaucoup de dessinateurs qui m’ont permis d’avancer dans ce domaine.

Une suite à « Tangala » ?
Tout à fait. Je termine le Tome II et je voudrais le boucler en août. J’aimerais qu’il soit encore primé au Festival de la bande dessinée d’Alger, comme en 2014, j’espère d’ailleurs pouvoir y retourner cette année. Sinon, j’attends le festival international de bande dessinée d’Angoulême pour 2017, où j’ai participé en janvier dernier. Je suis toujours disponible pour toutes les collaborations avec les artistes malgaches. J’espère que les Malgaches pourront ajouter de la valeur au neuvième art, parce que l’art, ce n’est pas que la musique… 

Propos recueillis par #AinaZoRaberanto

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