Tiharea : Unies par le beko
2 décembre 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   2210 Views   //   N°: 71

Elles ont animé en septembre le concert de clôture des « Journées de Madagascar » à la Maison de l’Unesco à Paris. Une consécration pour ce trio vocal qui depuis presque vingt ans porte aux quatre coins du monde les subtiles polyphonies du beko. 

La dernière représentation de Tiharea pour cette année aura été grandiose. Le trio polyphonique de l’Androy composé des soeurs « Ké » : Talike, Landike et Zetike, en fait des amies d’enfance, s’est produit le 23 septembre à la Maison de l’Unesco à Paris pour clôturer la onzième édition des Journées de Madagascar. « Tiharea a déjà chanté dans des parlements et autres endroits prestigieux dans le monde. Mais il aura fallu vingt ans d’existence pour que nous chantions dans un endroit aussi symbolique », confie Talike Gellé.

Toutes trois ont débuté dans la même chorale, puis se sont perdues de vue avant se se retrouver par hasard en Europe où elles décident, en 1997, à l’instigation de Talike, de créer leur groupe vocal.  

Leur ambition, faire connaître les riches polyphonies a capella du Grand Sud qui ont bercé leur enfance. L’année suivante, elles remportent un concours décisif pour leur carrière le Kleurrijk Talent à Rotterdam, qui sera suivi de toute une série de concerts en Europe, au Canada et bien évidemment à Madagascar.

Arborant le dokodoko, la coiffure typique des femmes de l’Androy, elles chantent et dansent en s’accompagnant simplement de percussions traditionnels comme les katsa (fabriqués avec des boîtes de conserve), le langoro (tambour de guerre) ou les djembés.

Dans leurs trois albums Tiharea (1999), Ryampela (2003) et Volambita (2009) on retrouve l’atmosphère si particulière des grandes cérémonies antandroy, circoncisions ou funérailles, où le beko – le blues du Sud – est psalmodié par les mpibeko (griots). « Cela fait partie intégrante de notre culture, c’est notre richesse », souligne Talike qui rappelle que tiharea signifie précisément richesse. Elle doit aussi beaucoup à sa grand-mère qui avait l’habitude de lui raconter des talily (contes du Sud) tandis que son père, qui était Français, jouait de l’accordéon le soir aux sons de Piaf, Trenet et Luis Mariano.

Le trio participe régulièrement à des festivals de conte où il fait connaître les histoires de Voaibe sy Lamboala (le grand crocodile et le sanglier), de Korintsambolamena sy Korintsambolavola (le tintement des pièces d’argent) et d’autres légendes venues tout droit du Grand Sud. Et toujours le beko avec ses contes traditionnels qui « guérissent les maux de l’âme ».

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