Tavoahangy : OLY PREND DE LA BOUTEILLE
27 août 2012 - Métiers commentaires   //   723 Views   //   N°: 31

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait Oly ? C’est sans doute ce que pensent ses clients qui viennent depuis des années se fournir chez elle en bouteilles vides de toutes sortes. Moins chères que les pleines et à usages multiples. Il suffisait d’y penser !

À Mada rien ne se perd, et surtout pas les bouteilles vides. Qu’elles soient en verre ou en plastique, elles trouvent facilement preneurs, parées pour une seconde vie pour peu que quelqu’un prenne la peine de les ramasser et de les nettoyer. C’est précisément le business d’Oly, la quarantaine active, dont le stand installé dans le périmètre d’Analakely est en soi un véritable musée de la bouteille : canettes de bière, eaux minérales, bocaux à cornichons, gouttes pour le nez, sirops pour la toux, produits détergents divers et multiples, tout ce qui a l’heur de ressembler à un récipient se retrouve ici. Et même de très improbables comme cette authentique vodka russe, étiquetée en cyrillique, ou ce magnum de champ à goulot doré, sortis d’on ne sait quelle fiesta ! « Au hasard de ce qu’on ramasse, mais on peut aussi fournir le flacon que vous désirez, quel qu’il soit et dans les 24 heures », assure Oly qui travaille avec tout un réseau de collecteurs allant de porte en porte à travers la ville.

Ses clients sont aussi multiples que ses récipients. Qu’on ait besoin d’une bouteille pour y transvaser un médicament ou un jus de corossol, c’est chez Oly qu’on vient se fournir. « La bouteille vide me coûte Ar 80. C’est vingt fois moins cher qu’une pleine dont j’aurais en plus à boire le contenant », estime Viviane dont le choix vient tout juste de se porter sur une bouteille d’eau minérale destinée à recevoir sa tisane de katrafay. « C’est cadeau et ça dépanne les gens », explique Oly qui avoue se faire un bénéfice de 10 à 200 ariary sur chaque bouteille. Son plus, l’hygiène et la sécurité. Car dans son stock, il y a aussi des récipients sensibles, style médicaments ou pesticides. « Tout est méticuleusement lavé à la brosse et au savon, puis rincé à grande eau », assure-t-elle. Vigilante, elle ne commercialise pas les flacons de médicaments périmés. « Jusqu’à aujourd’hui je n’ai jamais eu le moindre problème avec mes clients, et d’ailleurs j’ai une réputation à tenir », explique celle qui se flatte d’appartenir à une famille installée dans la bouteille depuis trois générations. « Ca se transmet de mère en fille, mais moi j’espère un avenir plus confortable pour mes trois enfants. Après leurs études, s’ils veulent continuer à vendre des bouteilles, qu’au moins ils ne le fassent pas dans la rue, comme moi, exposée à tous les vents. Izay adala no toa an-drainy (seuls les imbéciles ne dépassent pas leurs maîtres) », lance-t-elle philosophe. Sa bouteille à la mer ? 

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