Tachou, c’est chou !
7 août 2014 - La mode Styliste commentaires   //   4212 Views   //   N°: 44

Figure reconnue du stylisme à Madagascar et sur la région, Tachou célèbre cette année ses vingt ans de métier. L’occasion pour elle de proposer, le 19 septembre à la gare de Soarano, sa nouvelle collection placée sous le signe de la libellule. Quand l’inspiration ouvre grand les ailes. 

 

Tachou, Halisoa Razafindrazaka de son vrai nom, se souvient de ses tout premiers pas dans le domaine du stylisme. « Gamine, j’étais assez casanière. Plutôt que de sortir, je préférais passer mon temps à créer des vêtements pour mes poupées Barbie. » C’est là, sans nul doute, les ciseaux à la main, qu’est née sa passion pour les coloris et les belles matières. Son pseudonyme Tachou vient du jeu de mot malgache Ta hanao soa, Ta soa, qui signifie littéralement « envie de faire le bien ». Ce qui cadre parfaitement avec le personnage de cette travailleuse acharnée, toujours à la recherche de la ligne idéale, liée à une grande pureté formelle – au sens précisément de lignes épurées. 

 

De fil en aiguille, jamais à court de créativité et de persévérance, Tachou s’est vu ouvrir les plus grands défilés, tant nationaux qu’internationaux. Aujourd’hui, elle est tout simplement reconnue comme l’une des plus grandes stylistes malgaches. C’est elle notamment qui habille sa soeur Bodo, la chanteuse bien connue, pour ses concerts ou pour ses clips. Quand on lui demande ce qu’est le stylisme, sa réponse est sans ambiguïté : « Ce n’est pas cette activité extravagante qui consiste à habiller des people avec le maximum de paillettes. C’est d’abord un art, exigeant comme tous les arts, et demandant beaucoup de recherches. Toutes mes collections malgaches sont le fruit de beaucoup de travail et d’énormément de concentration. »

Le 19 septembre, à la gare de Soarano, elle dévoilera sa nouvelle collection intitulée Angidina (libellules). On devrait y retrouver son goût pour les matières naturelles et brutes, comme la fibre d’ananas et la soie. Des matières qu’il faut travailler avec soin et délicatesse, exactement comme de la dentelle. Ses créations mettent en avant le corps de la femme, avec cette touche de sensualité qui sublime la beauté sans jamais la dévaloriser. « Dans la mode, il n’y a pas de tabous. L’époque où on cachait les corps dans de grandes robes à crinoline est révolue. Pour autant, je m’interdis la vulgarité et le déballage à outrance. » Le résultat, ce sont ces créations aussi légères qu’une aile de libellule. L’insoutenable légèreté de l’être. La quintessence du beau. 

Solofo Ranaivo

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