Surprenant Boeny
21 mai 2012 - EscalesNo Comment   //   1351 Views   //   N°: 28

Le Boina (ou Boeny en Sakalava) dispose d’à peu près tous les atouts touristiques qui attirent les visiteurs sur la grande île. Une région à redécouvrir de toute urgence.

Il y a d’abord le Boeny très connu, à commencer par le parc national d’Ankarafantsika à moins de 100 km de Mahajanga. Une exceptionnelle diversité d’écosystèmes y est proposée. Forêt dense sèche peuplée de baobabs, forêt raphière, savane…

Un impressionnant et multicolore canyon est parsemé de cheminées de fées. La forêt principale, dense et sèche sur sable, abrite plus de 130 espèces d’oiseaux et l’un des plus beaux lémuriens, le Propithecus verreauxi coquereli qui a donné son nom à un circuit incontournable.

À quelques dizaines de mètres de la nationale 4, le lac Ravelobe et ses eaux poissonneuses sont le refuge de quantité de hérons qui viennent nicher ici à la suite d’une longue migration. Au soleil couchant, l’observation de vols qui se reflètent dans les flots est fascinante.

Retour à la civilisation (!) en abordant la « cité des fleurs » par ses quartiers les plus populaires envahis de flamboyants pousse-pousse parqués devant des mosquées immaculées. La ville semble s’articuler autour de son célèbre baobab.

Un magnifique front de mer, de larges avenues et de petites ruelles où l’on peut découvrir une belle collection de portes richement sculptées, importées du continent indien à la fin du XIXe siècle. Mahajanga, c’est aussi son port aux boutres : à l’heure où ces belles goélettes déploient leurs voiles en quête de nouveaux rivages, le spectacle est majestueux.

La capitale du Boeny dispose d’une multitude de plages à sa proximité immédiate ou à quelques kilomètres, comme celle d’Antsanitia à l’embouchure de la rivière Morira et sa belle mangrove. Il y a ensuite le Boeny moins connu, comme les grottes d’Anjohibe qui méritent d’aller y bivouaquer : véritable oasis avec sa rivière et ses cascades. La baie de Bombetoka – Belemboka, quant à elle, est composée de 22 îlots qui se répartissent dans le delta de la Betsiboka.

Cette nouvelle aire protégée est devenue un spot majeur pour les « birdwatchers » qui viennent contempler les ibis sacrés ou autres pygarques de Madagascar. Le lac Kinkony de l’autre côté de cette baie, réputé dans le monde entier pour son exceptionnelle avifaune dispose désormais d’un sérieux concurrent. Il n’y a cependant qu’ici que l’on peut observer le très menacé et recherché « sakalava rail » ou râle d’olivier. Il y a enfin le Boeny totalement méconnu.

À 40 km à vol d’oiseau et au sud de Soalala qui borde la baie de Baly et son parc national, les Tsingy de Namoroka offrent des excursions dans un incroyable univers minéral. La particularité de ce chaos calcaire est de voir pousser en son sein des forêts de baobabs et le Pachypodium ambongensis endémique des lieux. Grottes, étroits couloirs dénommés diaclases, sources résurgentes aux eaux cristallines ponctuent les circuits.

Les amoureux inconditionnels du Boeny, nous feront remarquer que nous avons omis d’évoquer les cirques rouges, Katsepy, la descente de la Betsiboka depuis Marovoay, le lac sacré de Mangatsa… ou les soirées « mosakiky ». Il y a tant à découvrir dans le Boeny qu’un seul article ne peut y suffire. L’idéal étant de venir se dépayser dans cette région accueillante à quelques heures de la capitale

Richard Bohan

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