Shaiman Itibar : Du rap au trap
10 mars 2015 - Comores Diaspora commentaires   //   2606 Views   //   N°: 62

Installé à Tana depuis 2009, Shaiman Itibar est considéré comme l’un des précurseurs du rap comorien. S’il a obliqué ensuite vers le RnB, il semble revenir à ses premières amours en insufflant du trap dans sa musique. Rythmes lourds faits pour la danse, comme on les aime aux Comores. 

Artiste aux origines multiples, à la fois comoriennes, malgaches et arabes, Shaiman Itibar est né à Iconi, une ville située au centre de la Grande Comore. S’il est aujourd’hui, via Pazzapa, le plus connu des artistes comoriens évoluant à Madagascar, c’est qu’il se sent « autant Malgache 86 que Comorien », même si sa découverte de la Grande-Ile ne date que de 2009. Il a alors 17 ans et baccalauréat en poche, décide de tenter sa chance dans la capitale malgache. Son truc, c’est déjà le RnB qu’il incarne comme chanteur et musicien, mais aussi comme 

producteur au travers de sa société d’audio-visuel Soraya Music. En 2011, il sort sa première galette intitulée Maktoub. Fait remarquable, elle est composée en quatre langues avec des titres en français (Trouve un autre), en shikomori (Mi tsi soubiwa, littéralement Je suis possédé), en malgache (Aza manadino, Ne m’oublie pas) et en anglais (I’m just not sure).Toutefois, le français reste sa langue de prédilection à travers ses chansons. 

A peine débarqué à Tana, Shaiman n’a qu’une idée en tête : se faire un nom dans le monde de la musique de son deuxième pays. C’est ainsi qu’il décide de se présenter à l’émission de téléréalité Pazzapa. « Mon intention n’était pas de sortir vainqueur du concours, mais de me familiariser avec le public malgache. Je n’ai pas non plus démérité, ma prestation a été appréciée. » Il faut dire que Shaiman a déjà du métier. Aux Comores, il a fondé à 15 ans le groupe S-cort, un des fleurons du rap comorien. Son jeu de scène lui vaut alors le surnom de Show’man, c’est dire ! Mais très vite il oblique vers le RnB en collaborant avec son cousin Moumtaz Nyora et son ami Dadiposlim. Ce sont des précurseurs dans l’archipel, après Twabrane qui est le premier à avoir introduit ce genre aux Comores.

Aujourd’hui, Shaiman travaille d’arrache-pied à son deuxième album, qu’il prépare en collaboration avec des musiciens malgaches. Il entend lui donner une coloration plus Trap, avec boîte à rythme (type Roland 808), samples, voix hip-hop et autres effets spéciaux. Un style plus violent et plus lourd tout indiqué pour échauffer les corps sur la piste. « Tu sais que dans la région on aime bien ce qui bouge… » 

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