Shaani : Trop de mythos dans le deejaying !
7 mars 2012 - CulturesNo Comment   //   1407 Views   //   N°: 26

D’avoir mixé avec Bob Sinclar et Big Ali fait d’elle l’une des rares femmes reconnues dans les milieux du deejaying international. Une DJ qui n’oublie jamais ses racines malgaches, quitte à entrecouper ses scratchs de « coupé décalé ». 

Si le pays ne brille pas particulièrement sur les pistes du développement, sur les pistes de danse il en va autrement. Prenez Shaani, par exemple. Dans le milieu des DJ internationaux, voici un nom qui commence à compter. La preuve, Bob Sinclar a fait appel à elle en août 2011 pour assurer sa première partie aux arènes de Dax, en France, devant 6 000 personnes. Et qui en troisième larron à cette soirée mémorable ? Big Ali en personne, le rappeur DJ qui scratche comme une brute du Bronx ! 

Une sacrée reconnaissance pour cette jeune Malgache ayant grandi en Région Parisienne, qui se présente d’abord comme une chanteuse de soul et de R&B. « Peut-être qu’un jour j’arrêterai le deejaying, mais le chant et la composition jamais ! » C’est d’ailleurs à cette double casquette qu’elle doit d’avoir remporté, sur 200 concurrents, le concours organisé par Bob Sinclar et NRJ qui devait lui ouvrir les arènes de Dax. « Cela a sans doute fait la différence. Il y a tellement de frimeurs et de mythos dans ce milieu, rares sont ceux qui sortent vraiment du lot ».

Née dans une famille de musiciens, elle se met très tôt à la guitare et au piano dans l’idée un jour de faire de la scène. Mais papa et maman s’inquiètent pour son avenir et l’incitent à passer un master en commerce, spécialisation marketing, rien à voir ! La belle n’en reste pas moins sur son intuition première et passe dans la foulée un diplôme en ingénierie du son et une licence en management de la musique. Un avantage concurrentiel certain : « Je mixe moi-même mes morceaux en studio. On n’est jamais mieux servi que par soi-même… »

Installée aux confins du R&B, de la Nu Soul, de la pop, du hip-hop et de l’électro, Shaani en arrive à collaborer au deuxième opus de Gage, anciennement produit par Corneille, pour le label Wagram Music, avant d’interpréter ses propres compositions comme « Shaani donne la couleur » (2008) et le très fantasmagorique « The day » (2009), dont elle réalise également le clip. Pour « Eo Anilanao », son dernier single sorti en 2010, elle insère des paroles en malgache, une façon d’évoquer ses racines. Le deejaaying n’occupe encore qu’une toute petite part de ses activités. « En fait, je me suis remise aux platines il y a deux ans et demi, uniquement pour le fun et cachetonner à gauche et à droite. » Ses scratchs, beatjugglings et autres loops plaisent tellement aux organisateurs de soirées qu’on la voit rapidement mixer dans les hauts lieux de la nuit parisienne, comme l’Étage, mais également en Suisse, en Belgique, en Espagne, au Maroc… Sans oublier Madagascar où, pour le réveillon 2010, elle s’est produite devant 1 000 personnes au 3 de Tamatave. Pour 2012, Shaani prévoit de faire une escale au pays avec un projet d’enregistrement où les rythmes d’ici ne seront pas oubliés. 

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