Septic : Infecté par le virus du rap
1 août 2017 - CulturesNo Comment   //   1590 Views   //   N°: 91

Depuis « Zoom », son EP de six titres sorti en 2016, Septic s’impose comme la figure incontournable du rap gasy « new school ». Un rap viral qui se diffuse à la vitesse de la lumière sur Soundcloud et Youtube. Échapperez-vous au virus Septic ?

Ses collaborations avec les grosses pointures locales comme Doubl’e’nn ou Buddha El Taga, l’imposent déjà comme la valeur montante de sa génération. L’univers du rap, Septic y baigne depuis sa plus tendre enfance. Jeune des cités, issu d’une famille brisée et spectateur des dérives d’une société en mal de vivre, Mahandry Rasolofonirina pour l’état civil trouve dans le rap un exutoire. « J’ai commencé ma carrière en 2013 après que mon frère m’eut initié au rap. C’est une musique très expressive qui me permet de me livrer sans concessions. On peut dire que j’ai été infecté par le virus. D’où mon nom de Septic ».

Alliant rap, R’n’B et soul, le jeune rappeur de 22 ans nous transporte dans les méandres de ses pensées les plus intimes. Ses titres sont pour lui des œuvres d’art à part entière. « Ce qui fait ma singularité c’est que mon rap je le vois comme un art, quelque chose que j’ai construit à partir de mon vécu et qui renferme une petite part de mon âme. » Pour lui, hors de question de verser dans la culture du « bootyshake » et faire de la musique juste bonne à se déhancher. Certes, les goûts et les couleurs ne se discutent pas, mais sa musique à lui, il la veut complexe !

« Je respecte totalement tous les genres musicaux. Mais pour ma part, je veux des textes qui arrivent à capter l’attention des gens par leur complexité et qui vont s’ancrer dans la conscience collective. » Dans ces titres, il parle tour à tour de ces espoirs, de ces déceptions, et n’hésite pas à pousser de gros coups de gueules face à toutes les injustices auxquelles il est quotidiennement confronté. Donner à réfléchir aux membres d’une société désabusée, c’est l’objectif que s’est fixé Septic. Pour y parvenir, il n’hésite pas à dégainer ses « armes de persuasion massive » qui ne sont autres que ses textes percutants et criant de vérité sur un fond de musique qui n’est pas sans nous rappeler l’univers du rappeur « français » Youssoupha, l’une de ses grandes références. Pour autant, loin de lui l’idée de dicter aux gens leur ligne de conduite. « Chacun a sa façon de voir les choses, je ne fais qu’exprimer mon ressenti face à ce qui m’entoure. Je veux que mes mots incitent à la remise en question. Grâce à ce que je fais, j’espère faire évoluer les mentalités face à certaines situations. »

En digne représentant de la génération Y, Septic a toujours privilégié les plate-formes comme Soundcloud et Youtube pour diffuser ses œuvres et toucher un public élargi, mais des singles comme Aza m’test (Me teste pas) ou Mahandry (Patient), un titre autobiographique, lui ont permis de monter d’un cran et ont assis sa notoriété. Il prépare la sortie de son tout premier album qui sortira avant la fin de cette année. Un opus qui promet d’être viral !

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