Seda : Je peins, donc je suis !
6 mai 2016 - Comores Diaspora commentaires   //   2156 Views   //   N°: 76

Très célèbre dans le monde de la peinture malgache, Said Abdallah Ibrahim, dit Seda, est un artiste plasticien comorien dont les œuvres Hosotra en 1999, Salon de l’aube de l’an 2000 (exposés en collectif au sein des différents espaces culturels de Tanà) ou Ny tenako en 2000 (à l’ambassade malgache de Paris) montrent bien son attachement à Madagascar, sa deuxième patrie.

En janvier 2016, il retourne à l’Is’art galerie et participe à une exposition collective pour les 5 ans du lieu, après y avoir exposé en 2011 Un grand cimetière sous la Mer de… Lui, c’est Seda, un artiste plasticien qui exécute principalement peintures, sculptures et installations. Tout jeune, il va vite tomber amoureux de l’activité artistique en observant régulièrement sa mère lors de la confection

des articles de couture et broderie dont elle est spécialiste : « En cherchant à reproduire et copier les dessins de ma maman, j’ai fini par découvrir la magie du dessin et depuis lors je me suis jamais arrêté » confie l’artiste.

Au début des années 90, il commence à peindre avec l’aide de son idole, le plasticien Modali, avec qui il découvre le monde artistique comorien. Après son bac, il décide de venir à Madagascar et intègre l’école des métiers et d’arts plastiques d’Antananarivo. Et après deux ans de formation Seda se lance avec le soutien de feu Richard Razafindrakoto, qu’il considère comme son père spirituel. Ce dernier va l’encourager à embrasser la création artistique contemporaine. Ensuite il va adhérer à l’Union des artistes plasticiens de Madagascar, puis à la plate-forme Les amis de la peinture.

À son retour aux Comores, répondant à l’appel de son aîné Modali, il intègre le groupe SimboArt, et suit le mouvement pictural de cette association qui consiste à conserver et redonner vie aux signes et symboles magiques et religieux utilisés dans les talismans aux Comores, en les intégrant dans ses expressions artistiques.

Sa renommée ne s’arrête pas à la Grande Île ou à son pays natal. Il est connu pour avoir exposé aux quatre coins du globe, notamment lors de l’Art Boukanté en Guyane française en 2015, au festival Arts Comores à Marseille en 2013, et à l’exposition universelle de Shanghai en 2010 où il représentait son pays. Il a aussi exposé dans presque tous les pays de l’Océan indien. Il a reçu plusieurs prix : celui du meilleur plasticien comorien lors de l’Amy de l’océan indien à Marseille en 2011, le trophée de l’Atelier des peintres arabes célèbres, et le trophée du premier triennal d’art contemporain de l’Océan indien à Port-Louis.

En ce moment Seda travaille seul et refuse de s’enfermer dans un courant artistique quelconque. « Je ne cherche pas à être fameux ni à être un Kandinsky ou un Picasso, l’essentiel est que : je peins donc je suis ! », ajoute-il. Il travaille spontanément et son grand souci est de parvenir à instaurer un dialogue entre ses créations artistiques et son public car son œuvre exprime tout. « C’est un miroir qui reflète notre vie d’ici-bas et dans l’au-delà. »

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