Sasamaso : Rock d’enfer !
1 janvier 2013 - Cultures MusiquesNo Comment   //   2822 Views   //   N°: 36

Pour ses dix ans de scène, le plus ancien groupe malgache estampillé Thrash et Death Metal annonce la sortie d’un album commémoratif trempé dans la fureur, la sueur et les « growls ». Univers sombre, morbide, violent, à prendre au second degré, sinon t’as rien compris aux films d’épouvante de série B ! 

Dix ans, c’est vite passé. Surtout quand on a l’habitude de tremper son metal dans le speed. L’école du cinq à dix riffs par morceau. Guitares affûtées comme des tronçonneuses, rythmique Caterpillar qui badaboume les tympans, plus sueur et grognements divers (death growls). « Le truc qui t’arrive en pleine tronche comme un semi-remorque lancé à toute allure », commente un fan tout attendri. Autant dire qu’au festival The Best of Rock 2 d’Analamaitso Analamahitsy en novembre dernier, c’est un public conquis d’avance qui a retrouvé un Sasamaso fidèle à sa réputation. Voire encore plus déchaîné depuis que Deba, glorieux rescapé de Red Metal, a rejoint la bande à RaSah en 2011, après le départ de RaGé (ex-Dayax) : aux dernières nouvelles, ce dernier serait devenu religieux et antirock.

RaSah, c’est elle. Jolie poupée. Bien engoncée dans ses cuirs ultramoulants. Bottes à l’avenant. Manque plus que le fouet ! Joli brin de voix aussi, car « hurler » du death nécessite une grosse technique si l’on ne veut pas s’éclater les amygdales… « Il y a cris et cris », convient la belle, très à l’aise dans le registre « zombis » et « chérie fais-moi peur ». Prenez un titre comme Nécrophilie, paroles et musique signées Sasamaso : univers sombre, morbide, violent, mais à prendre au second degré, sinon t’as rien compris aux films d’épouvante de série B ! Sasamaso signifie littéralement « nettoyer son regard » : « La vue est le premier organe des sens, il faut qu’elle soit claire pour que tout l’être le soit », commente RaSah qui entre deux hurlements montre qu’elle sait aussi être zen. Ancienne chanteuse du groupe Méphisto, rebaptisé Holly Angels, c’est pour avoir trop donné dans la « ballade à Scorpions » qu’elle décide en 2002 de radicaliser son rock en fondant Sasamaso avec son frère RaGé. L’ambition est louable : faire entrer à Madagascar le gros son thrash à la Sepultura avec soupçon de death à la Obituary… âmes sensibles s’abstenir ! « Il fut un temps où les salles refusaient de nous accueillir de peur qu’on casse tout », se souvient RaSah.

La formation originelle comprend également RaKaltz (guitare), Dourax (basse) et Andrianina (batterie). Tous sont issus du quartier des 67 ha, ce qui n’est pas sans influencer leurs compositions. Des morceaux comme Zaza maditra (enfant délinquant) ou Fariseo (pharisien) ne laissent aucun doute quant à leur volonté de parler de « cette forme de violence sociale qui consiste à vivre aux 67 ha ». Après dix ans d’existence, seuls RaSah, Dourax ont survécu aux multiples changements de membres, assistés aujourd’hui de Rado, Deba et de Thierry à la batterie. Leur objectif, tenir encore dix ans à coup d’autoproduction et dans l’immédiat sortir un nouvel album pour accompagner les dix ans du groupe. « Le truc d’enfer à la Sasamaso », promet RaSah. 

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