Sambatra : Au pays des Antambahoaka
5 janvier 2015 - Escales commentaires   //   8524 Views   //   N°: 60

Le Sambatra, improprement appelé circoncision collective, est un moment exceptionnel dans la vie des Antambahoaka de la région de Mananjary. Il n’a lieu qu’une fois tous les sept ans et commémore le voyage du premier ancêtre, depuis La Mecque jusqu’à Madagascar. Des images elles aussi exceptionnelles rapportées par Henitsoa Rafalia

Henitsoa Rafalia 

Henitsoa Rafalia – Driq pour les intimes – est photojournaliste depuis trois ans. Il a notamment collaboré avec l’agence de presse turque Anadolu.Pour son premier grand sujet photo – après un essai sur le Famadihana en août 2014 – il a choisi le Sambatra, un rite typique du peuple Antambahoaka, près de Mananjary, qui a lieu une fois tous les sept ans et que l’on a tendance à raccourcir un peu vite en « circoncision collective ».  « C’est bien plus que ça. Pendant tout le mois que dure le Sambatra, on exalte le pouvoir monarchique des ampanjaka (souverains), on réconcilie le peuple s’il y a eu des conflits, on recense les Antambahoaka, 

et effectivement tous les enfants mâles nés dans l’intervalle des sept dernières années sont circoncis pour être élevés au rang d’Antambahoaka. » Son reportage réalisé en octobre a été présenté en 40 photos durant le Mois de la photo Sar’nao, lors d’une exposition individuelle au Centre de presse malagasy d’Antsakaviro en novembre dernier.

La grande procession qui est organisée durant l’événement reconstitue le voyage de Raminia, l’ancêtre du peuple Antambahoaka, de la Mecque à Mananjary. A cette occasion, certains fady (tabous) doivent être observés, comme de porter des vêtements noirs, des sandales et des chaussures lorsque l’on foule la terre sacrée des tranobe (maisons royales des ampanjaka) et durant la procession. Les femmes sont tenues d’avoir les cheveux tressés. Personne ne peut porter de vêtements à manches courtes, ni être barbus ou avoir les cheveux longs en ce qui concerne les hommes. Enfin, chaque jeudi du mois du Sambatra marque une pause dans les célébrations, car c’est un jour considéré comme néfaste par les Antambahoaka. Durant le Sambatra, on transporte un mozinga, un tonnelet rempli de betsa (boisson traditionnelle) où chacun pourra boire, une fois arrivé au tranobe. On ne doit cependant pas le vider avant la fin des circoncisions. Une fois le mozinga terminé, on proclame la fin du Sambatra.

 

Le Tora-sitona est une épreuve de force entre les pères des enfants à circoncire et les oncles, plusieurs jours avant la circoncision. Les oncles lancent ces bouts de bois en arrivant du côté de la plage et sont accueillis par les pères, mains nues, qui les renvoient à leur tour.

Des femmes vont rendre visite aux 12 tranobe de Mananjary. Pendant les trois premières semaines du mois, les habitants de chaque tranobe se rendent des visites de courtoisie, pieds nus en signe de pureté, en portant des tenues cérémoniales. 

 

Mety Clovis est l’ampanjaka (souverain) du tranobe Ramalaza. Il sort du palais après avoir été habillé, pour aller bénir les zébus à sacrifier

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