Salon de l’auto 2015 : Croissance grippée
11 novembre 2015 - Éco commentaires   //   2067 Views   //   N°: 70

Le Salon de l’automobile qui s’est tenu du 29 au 31 octobre à Tana a-t-il donné le coup de fouet salutaire à un secteur pénalisé par la dévaluation de l’ariary, la fiscalité galopante et la prolifération de l’informel ? C’est ce qu’espère le Groupement des concessionnaires automobiles de Madagascar, organisateur de l’événement.

Le Salon de l’automobile a regroupé dans un même espace, durant trois jours, les revendeurs des plus grandes marques automobiles du monde Cela pour le plus grand plaisir des futurs acquéreurs qui n’avaient plus besoin de se casser la tête pour comparer les prix. Dommage que l’événement n’ait lieu qu’une fois tous les deux ans ! Un Salon qui s’est tenu dans une conjoncture plutôt morose. Première inquiétude, la dépréciation de l’ariary qui a pour conséquence de faire flamber les prix. « Nous devons ajuster nos prix presque à chaque arrivage car l’ariary ne cesse de perdre en valeur par rapport au dollar et à l’euro », explique Kwan Kai Lion, directeur commercial de Sicam. Ce groupe a beau profité de sa filiation avec le groupe CFAO Automotive, premier réseau de distribution automobile en Afrique, il n’est pas épargné par la chute des ventes.

« Nos meilleures ventes ont été enregistrées en 2009 où nous avons écoulé 1 000 voitures. Aujourd’hui, nous tournons autour de 700 véhicules par an. Pour favoriser la demande, nous ne cessons de trouver les meilleures formules qui pourraient faciliter l’acquisition d’une voiture », soutient Johary Rakotomalala, directeur des ventes de la même enseigne.

Dans cette optique, à Madagascar comme dans beaucoup d’autre pays du monde d’ailleurs, les consommateurs privilégient les concessionnaires qui proposent des achats financés, permettant par exemple d’avoir sa voiture sous 48 heures et de la payer en 24 ou 48 mensualités. « Certes, nous détenons 23 % du marché de l’automobile à Madagascar, ce qui nous vaut notre place de leader dans la distribution de voitures neuves, mais la concurrence ne se trouve même pas entre revendeurs. Ce qui nous tue vraiment, ce sont ces nouvelles marques qui sont proposées à des prix anormalement bas, des véhicules qui ne sont généralement pas aux normes de sécurité. Je crains qu’elles ne rejoignent les voitures d’occasion dans le triste privilège d’être les responsables de la majorité des accidents de la route et de la pollution du pays », estime Kwan Kai Lion.

Quoi qu’il en soit de la conjoncture économique, Madagascar n’est pas en reste par rapport au reste du monde en ce qui concerne les nouveautés de l’automobile. « Il arrive même que nous ayons la primeur sur certains modèles », confie Johary Rakotomalala, fier d’avoir présenté cette année le Grand Santa Fe de Hyundai, qui aura été le SUV (sport utility vehicle) le plus cher du showroom. Cher ? Sans doute, mais il fait savoir que des véhicules grand luxe à un milliard d’ariary trouvent facilement preneurs à Madagascar.

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