Saha Imaitsoanala : Auprès de mon arbre
2 février 2015 - Nature commentaires   //   3204 Views   //   N°: 61

A une demi-heure de route de Tana, le Saha Imaitsoanala est aujourd’hui la seule et dernière station forestière en activité des hauts plateaux.
Un site de recherche transformé depuis décembre dernier en site écoutouristique. 

À 65 km de la capitale (sur la RN 2), à Mandraka précisément, le Saha Imaitsoanala est d’abord une forêt naturelle de 26 hectares abritant une soixantaine espèces d’oiseaux, une demidouzaine de lémuriens (dont Eulemur fulvus et Avahi laniger), et quantité de reptiles étonnants comme le tanafisaka ou « caméléon plat » (Uroplatus sp).
C’est aussi la dernière station forestière des hautes terres centrales.
Une sorte de laboratoire naturel où, depuis le début des années cinquante, on plante à titre d’essai les nouvelles espèces d’arbres qui sont introduites dans l’île.

Gérée depuis 1985 par l’Ecole supérieure en sciences agronomique (Essa) d’Antananarivo, c’est enfin un site de recherche et d’application pour les étudiants.

Malheureusement, comme dans bien d’autres régions de l’île, la station est gravement menacée par la déforestation.
Principalement due ici à la culture sur brûlis pratiquée par les populations riveraines, des immigrants Merina et Betsimisaraka.
Une situation qui a amené l’Essa à initier en 2012 le projet Imaitsoanala, financé par la Fondation Tany Meva.
« L’idée est tout simplement de transformer la forêt en site écotouristique.
Mandraka possède tous les atouts pour l’écotourisme de par la diversité de sa faune et de sa flore.
Sa proximité par rapport à Antananarivo, une demi-heure en voiture, en fait aussi une destination facile pour la détente en famille », explique Zo Hasina Rabemananjara, responsable technique du projet.

Des circuits touristiques ont donc été tracés au coeur de la station, tandis que des infrastructures d’accueil (bungalows, buvette, restaurant, boulodrome, etc.) sont en cours d’achèvement.
Bien placés dans la nouvelle offre touristique de la station, son sentier botanique et l’orchidarium aux espèces endémiques rares.
« Le but de tout cela est que la station génère ses propres sources de revenus, pour qu’elle puisse subsister même si les financements venaient à s’arrêter. »
Avec l’arrivée des touristes, les populations devraient aussi comprendre que la forêt est leur capital le plus précieux, fournisseur d’emplois et de revenus, et qu’on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis.

C’est bien pour les responsabiliser au maximum, que l’Essa a choisi de dispenser des formations de guides touristiques, par le biais notamment de l’association Imaitsoanala qui existe depuis 2008.
Ces mêmes paysans, qui hier brûlaient la forêt, servent aujourd’hui de guide aux visiteurs et animent les structures d’accueil.
« Ils étaient les mieux placés pour garder le site, car ils en connaissent les moindres recoins et s’en sentent aujourd’hui totalement responsables. »
Auprès de mon arbre, je vivais heureux… comme l’a si bien chanté Brassens.

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