Rock Fianar : La nuit des « Guitar heroes »
30 décembre 2012 - Cultures Music Musiques commentaires   //   918 Views   //   N°: 35

Les 25 et 26 octobre derniers, Vatofant et Irambilanja, groupes majeurs du rock gasy, ont occupé la scène du quatrième festival Rock Fianar.
L’occasion d’un grand rassemblement de la communauté rock et métal à Madagascar. 

Devant de sombres pétasses à talons hauts et jeans noirs, qui se trémoussent en se tenant la main, une cinquantaine de rockers surexcités – bourgeois et prolétaires unite ! – hurlent et bondissent au rythme des basses.
Un mec complètement barré, cheveux longs et tout de noir vêtu, saute sur scène, éructe quelques sons caverneux, puis retrouve sagement sa place au sein du public.

C’est Deni, 48 ans, responsable sécurité d’un centre de stockage pétrolier.
On a du mal à imaginer.
Too old to rock, too young to die ?

Non loin de quelques jeunes qui fument et jouent aux cartes autour de bouteilles de bières, une maman enceinte jusqu’aux yeux, son panier de courses à la main, tape du pied en dodelinant de la tête.
Elle surveille d’un oeil Kintana, 6 ans, déchaîné, debout sur l’avant-scène, une Fender imaginaire entre les mains : rock star à lui tout seul, le temps d’un riff d’Irambilanja.
La nouvelle génération du rock gasy est en train de naître… Oÿ !

19 heures. Marché du Zoma. Un monstrueux glissando de guitares saturées s’élève dans l’air.
Le groupe Vatofant se lance dans une version thrash metal de Revy sy Vola.
Solo, 52 ans, santiag et blouson de cuir, lâche aussi sec son cornet de frites et se précipite devant la scène dressée en plein air.
En un instant, on ne voit plus que ses mains baguées s’agiter frénétiquement.
Il n’est plus père de trois enfants, il n’est plus graphiste.
Il est un guitar hero… 
 

Bénédicte Berthon-Dumurgier
Photos : Pierrot Men

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