Raymond Rajaonarivelo : « Une envie de vrai cinéma »
6 juillet 2012 - CulturesNo Comment   //   1503 Views   //   N°: 30

Seul Malgache à avoir eu deux longs métrages sélectionnés au Festival de Cannes, en 1988 et 1996, le réalisateur Raymond Rajaonarivelo salue les avancées du jeune cinéma malgache dans les circuits internationaux. Un cinéma de plus en plus rompu à cette « écriture émotionnelle du récit » qu’il appelle de ses voeux. 

En tant que parrain à vie des Rencontres du film court (RFC), quel regard jetez-vous sur le jeune cinéma malgache ?
Ce festival est un tremplin formidable pour les apprentis cinéastes. En être le parrain signifie les regarder évoluer et cela me plaît énormément. J’ai à coeur de leur apporter le maximum de mon expérience au travers des ateliers que j’anime à Madagascar depuis trois ans. Je le dis sans le 

moindre doute, l’avenir du cinéma malgache est parmi eux. Ils ont le sens de l’image, le sens du regard, et ils savent créer cette image par le regard. Il est clair que de plus en plus de jeunes créateurs ont envie d’écrire des scénarios qui tiennent la route, avec cette écriture émotionnelle du récit qui signe le vrai cinéma.

Comment jugez-vous la participation de Luck Razanajaona au dernier Festival de Cannes, vous qui avez eu par deux fois les honneurs de La Croisette ?
J’ai vu son court-métrage Le Zébu de Dadilahy, c’est un très beau film. Maintenant le plus difficile reste à faire pour lui : réaliser un long-métrage qui lui fera peut-être remonter les marches (N.D.L.R., depuis cette interview, Luck Razanajaona a obtenu un financement de 35 000 euros pour son son projet de long-métrage Les chants des Tlous). Avoir son film à Cannes est une fierté légitime pour un réalisateur. Il faut savoir que les sélectionneurs visionnent environ 4 000 films du monde entier dans l’année, pour en choisir une cinquantaine au final, toutes catégories confondues. Pour moi j’ai eu cet honneur d’avoir deux longs métrages retenus dans la sélection officielle : en 1988 avec Tabataba et en 1996 avec Quand les étoiles rencontrent la mer. Cela fait déjà 15 ans, et je n’ai pas envie de détenir ce record à vie…

Résider à l’étranger est-il le meilleur moyen de faire avancer le cinéma malgache ?
Mon désir le plus profond est de revenir vivre à Madagascar, mais pour l’instant je dois continuer à faire des films dotés d’une écriture cinématographique universelle et d’une qualité artistique irréprochable. Il est plus facile pour moi de frapper à la porte d’un producteur qui vit à proximité de mon domicile, c’est-à-dire à Paris, que de chercher à l’intéresser à 10 000 km de distance. Et puis Paris est une ville toujours très stimulante pour l’esprit. 

FILMOGRAPHIE
1978. Izaho Lokanga Ianao Valiha (court métrage N&B)
1980. Babay Sa Lovohitra (court métrage N&B)
1988. Tabataba (long métrage couleur)
1994. Le Jardin des Corps (court métrage couleur)
1996. Quand les Étoiles rencontrent la Mer (long métrage couleur)
2005. Mahaleo (documentaire coréalisé avec César Paes)
2012. Fragments de tambour (long métrage couleur, en développement)

Propos recueillis par #JoroAndrianasolo

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