Ramim’s : Sauvés par le théâtre
2 juillet 2015 - AssociationsNo Comment   //   2019 Views   //   N°: 66

Il n’y a pas que les conservatoires qui fabriquent des artistes, les rues de Tana aussi. C’est là que Ramim’s, société de production de théâtre radiophonique, découvre ses comédiens. Des 4’Mis bourrés de talent, qui n’attendent qu’un petit coup de pouce du destin pour se révéler. 

Ce sont des mendiants de moins de 15 ans – des 4’Mis comme on dit – que Ramim’s fait venir en studio pour tenir des rôles dans ses pièces de théâtre diffusées à la radio. Des pièces d’orientation sociale, abordant aussi bien le droit des enfants que la protection de l’environnement ou la lutte anticorruption. « Il y a des gosses très talentueux dans la rue. Des véritables comédiens qui, avec un petit coup de pouce, peuvent avoir un grand avenir dans le domaine », estime Michel Raharison, le responsable de cette structure qui a déjà produit une demi-douzaine de jeunes comédiens. « Nous avons cessé nos activités pendant plusieurs années en raison de la crise de 2009 et de l’absence de financement. Sinon nous aurions pu en produire trois fois plus », soupire Ramimi, le surnom affectueux donné à Michel Raharison. 

Au départ, Ramim’s ne produisait que des musiciens, comme le regretté bassiste Tôty, et des comédiens professionnels spécialisés dans le théâtre radiophonique à l’instar de Gégé Rasamoely ou de Clara. L’intérêt pour les 4’Mis est plus tardif , ne datant que des années 2000. « Je voulais venir en aide à ces enfants. La façon la plus efficace que j’ai trouvée était de les faire entrer dans mon domaine d’activité et de les aider à se produire sur scène », confie Michel Raharison.

L’objectif immédiat est de donner à ces enfants abandonnés par leurs parents l’opportunité de survivre, et plus tard celle de pouvoir vivre en toute indépendance de leur art. « Donner un peu d’argent tous les jours est un cadeau empoisonné pour ces gosses. Cela ne les stimule pas à travailler. Il vaut mieux leur apprendre la voie de l’effort qui les amènera au succès s’ils ont le talen », explique Michel Raharison.

Et pour affirmer cette volonté de leur préparer un avenir meilleur, la maison de production leur ouvre à chacun un compte épargne à la banque, doté d’une somme de 150 000 Ar. « Ils versent sur leur compte une partie de ce qu’il gagne au théâtre. Avec les intérêts annuels qui tombent, ils auront une somme conséquente arrivés à l’âge adulte. » Voilà qui mérite bien quelques applaudissements.

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