Ra-Maître
10 mars 2014 - Métiers commentaires   //   983 Views

n°50

Une envie de brochettes

Ra-Maître officie à Analamahitsy-Tanana comme vendeur de « masikita » (brochettes). Un travail qu’il exerce en famille depuis trois ans, entre un frère boucher qui le livre  à toute heure et une soeur gérante de bar qui ne manque pas de lui envoyer ses clients affamés. Malin !

Vous voulez du tsaky, quelque chose à vous mettre sous la dent après avoir bu cul-sec  ? Alors rien de plus indiqué que ces délicieuses brochettes que Hery, dit Ra-Maître, prépare sur son bout de trottoir d’Analamahitsy-Tanana. La trentaine, allure athlétique et volubile à souhait, il est là-bas une véritable figure locale. Tous les jours, sauf le lundi, son jour de repos,  il dresse son petit stand et propose à ses clients – dont bon nombre de fidèles – ses spécialités maison. Au choix,  brochettes de filet de zébu, de rognon ou de poulet, le tout assorti de nems et de cateless (beignets de viande).

Hery fait ce travail depuis trois ans. Pas une vocation, mais il lui fallait bien trouver une activité rentable pour nourrir sa petite famille en ces temps de crise. Il n’a pas eu à le regretter. Aujourd’hui, il écoule quotidiennement pas moins de deux kilos de filet de zébu, de 500 grammes à un kilo de rognons et un kilo de poulet. Un boulot qui, mine de rien, rapporte. En accumulant les brochettes de 50 grammes  vendues de 100 à Ar 100 à 200 ariary selon la qu’il s’agisse de zébu ou de poulet, en fin de journée cela lui fait une gentille petite recette, de quoi faire bouillir la marmite et c’est l’essentiel. « Mes parents étaient fripiers, mais mon grand frère est boucher dans le quartier et ma sœur et son mari tiennent un bar pas loin d’ici. Il fallait bien que je me trouve moi aussi un business », explique-t-il en manipulant sa tablette tactile dernier cri.

Et entre gens de la même famille, on peut toujours s’entraider. C’est ainsi que son  frère le fournit en viande de qualité, quelle que soit l’heure, même après 21 heures quand il lui arrive d’être en rupture de stocks. « A ce moment de la soirée, les clients affluent et toutes les boucheries sont fermées depuis longtemps.  Il n’y a qu’un frère pour accepter de vous livrer dans ces conditions », commente Ra- Maître. Et pour sa soeur, c’est tout aussi commode : « Quand les clients du bar ont un petit creux, elle mes les envoient. Bref, on fait une véritable équipe à trois ! »

Depuis tout petit, il aime faire à manger, particulièrement pour lui-même car il a toujours été un grand gourmand. Néanmoins, à force de griller de la viande à longueur de journées, il avoue avoir aujourd’hui des fantasmes de végétarien quand  il rentre chez lui. Son plus grand plaisir, un bon ravim-bomanga rony (bouillon de feuilles de patates douces), sans huile ni graisse, et surtout pas de sauce. Juste des feuilles, du gingembre et un peu de sel. Quel délice !

Solofo Ranaivo

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