Prudence, mère de sûreté
12 avril 2017 - Fanahy gasy commentaires   //   906 Views   //   N°: 87

« Tano ny azo fa sarotra ny mila » peut se traduire par « Garde tes acquis car il est difficile d’en avoir d’autres ». Il est donc question de prudence dans ce dicton des Anciens. « Prudence, mère de sûreté », comme dit un autre proverbe.

C’est en étant vigilant et en agissant avec prudence, que l’on évite les mauvaises surprises. Surtout quand on est confronté à un choix qui vous pourrait vous amener à troquer la peau du zébu qui n’est pas encore tué contre celle, bien réelle, qui vous tient présentement les orteils bien au chaud.

Malgré les promesses alléchantes, tout ce qui est de l’ordre du possible, et non du réel, doit être pris avec circonspection, si ce n’est avec des pincettes. « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » dit encore un proverbe qui aurait bien fait d’inspirer toutes ces victimes des traders à la Madoff qui, il a quelques années, ont fait sauter la banque en spéculant à outrance sur du vent, des chiffres, de la monnaie comptable, de la monnaie de singe !

Bien entendu, les téméraires, les risque-tout, les casse-cou ne seront pas d’accord, arguant que « la fortune sourit aux audacieux »,

l’équivalent en malgache de « Izay sahy mifono lamba mena », littéralement « celui qui risque fait fortune. » Ou pour le dire a contrario : « Qui ne risque rien n’a rien ». Certes, pour espérer gagner au loto, il faut au minimun avoir acheté un billet, indépendamment du fait que la chance de sortir les six bons numéros d’un coup est à peine d’une sur des millions. Mais ici la prise de risque est insignifiante, un simple billet de quelques ariary.

En revanche, si vous optez pour le « quitte ou double », à la roulette par exemple – et je ne parle même pas de la russe –, là vous prenez un risque disproportionné par rapport à l’enjeu. Car ce « tout ou rien », soyez-en sûr, vous conduira inexorablement à votre perte : ça c’est la loi des grand nombres qui le dit ! Adieu châteaux en Espagne, Limousine climatisées, banquets cinq-étoiles, vous voilà plus rassis qu’un croûton au fond d’un placard à l’heure blême où l’huissier vient gratter à la porte !

« Qui s’y risque s’y pique » dit encore un dicton. Eh oui, tout cela les Anciens l’avaient bien compris : un acquis réel, même modique, vaut mieux qu’un profit illusoire. Contente-toi de ce que tu as, disaient les Stoïciens, c’est toujours mieux que de pleurer sur ce que tu n’as plus. La vraie sagesse en somme !

A LIRE AUSSI
COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer