Projet Ako : Il était une fois un lémurien
4 février 2013 - AssociationsNo Comment   //   1723 Views   //   N°: 37

Initié en 2006, le projet Ako rassemble six livrets pédagogiques racontant l’histoire de lémuriens dans leur milieu naturel. Le Dr Hantanirina Rasamimanana, spécialiste de la zoologie des vertébrés et co-auteure du livre, nous en dit plus sur cette collection qui unit rigueur scientifique et plaisir de conter. 

Pourquoi les lémuriens ?
Nous avons constaté que les jeunes Malgaches connaissent peu de choses sur les animaux des forêts, les lémuriens en particulier, en dépit de nombreuses publications scientifiques en français ou en anglais qui peuvent exister. Concrètement, tout a commencé en 1983 quand j’ai accompagné l’éminente primatologue Alison Jolly dans la forêt de la réserve privée de Berenty pour y étudier la démographie des makis. Cela fait un demi-siècle qu’elle s’intéresse à cette espèce, que pour ma part j’étudie du point de vue des comportements alimentaire et social. Les makis sont passionnants à observer, les femelles sont largement dominantes par rapport aux mâles : au moment de s’accoupler, ce sont elles qui choisissent le partenaire. De ce jour, l’idée d’un ouvrage commun a germé, mais il a fallu attendre 25 ans pour que le projet prenne corps.

Comment vous êtes-vous partagé la tâche ?
Alison Jolly, qui est un écrivain reconnu, a écrit les textes en anglais et je les ai retranscrits en malgache, sans chercher à les traduire littéralement. Une aquarelliste américaine tout à fait remarquable, Deborah Ross, a illustré les histoires et Mélanie s’est occupée de la mise en page. En 2006, un premier livre Ako le Aye Aye (Ny Ayay Ako) est sorti, puis les cinq autres ont suivi au rythme d’un par an. Chacun des six textes raconte l’aventure d’un petit lémurien. Ako le Aye Aye veut jouer, mais il fait peur aux autres ; Bitika le microcèbe se sent trop petit ; Tsiminira le babakoto est bien trop jeune pour chanter ; Tsambiky le sifaka tombe dans un trou aux tsingy ; les jumeaux de varika rouges sont menacées d’être mis dans la marmite, tandis que le maki, un adolescent, se trouve confronté entre le dilemme de l’amour et son appartenance sociale. Tous les livrets ont été édités par l’Unicef, mais en nombre insuffisant pour les écoliers malgaches : enfin, c’est mieux que rien…

Il s’agit d’abord d’un matériel pédagogique…
Avec des étudiants de l’Ecole normale supérieure d’Antananarivo, nous avons formé des enseignants du primaire venus de circonscriptions scolaires rurales où existent des aires protégées : Morondava, Moramanga, Arivonimamo, Ambohitrimanjaka, Ambalabe, Vatomandry, Foulpointe, Ambatondrazaka, Brickaville. L’objectif était qu’ils soient en mesure d’utiliser ce matériel pour leurs cours, non seulement en sciences de la vie, mais aussi en malagasy, en mathématiques, en géographie, en histoire, en éducation civique. Chaque livret est accompagné de posters où la richesse des différents écosystèmes de Madagascar est mise en avant. Nous avons aussi organisé en 2012 une courte formation de peinture à l’aquarelle d’après nature pour le public dans le parc de Tsimbazaza. Notre voeu est que d’autres chercheurs malgaches développent des livrets de ce type sur d’autres animaux ou plantes. 

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