Plum’art : Collectif poids plume
3 février 2015 - CulturesNo Comment   //   2659 Views   //   N°: 61

Lancée en 2011, l’association Plum’art regroupe une trentaine de dessinateurs, certains chevronnés, la plupart amateurs, mais tous bien décidés à donner un nouveau souffle aux arts plastiques à Mada.
Ateliers de formation, expositions collectives, les grands noms de demain sont sans doute déjà là. 

Le goût des belles images est ce qui rassemble les 29 membres du collectif amateur Plum’art.
Portraitistes, mangakas, paysagistes, caricaturistes… tous se retrouvent après le boulot les vendredis soir pour partager leurs techniques de dessin, pour la plupart acquises en autodidactes.
Côté styles, il y a un peu de tout.
Si Sedera Ramanitra, le président et fondateur de l’association, se spécialise dans le sage portrait à la mine de crayon, d’autres comme Sébastien Nege ou Thierry Randrianantenaina font dans le manga le 

plus débridé, d’autres encore dans la caricature à gros nez.
« Peu importent le niveau et le parti pris esthétique.
On attend juste de chaque membre qu’il bosse sérieusement, poste au moins une image par mois sur notre page Facebook et règle la cotisation annuelle qui sert à l’organisation d’expos ou d’ateliers. » 

Lancée en septembre 2011, l’association n’est officialisée que depuis mars 2014.
Pour y entrer, il faut avoir plus de 15 ans, posséder quelques rudiments de dessin et habiter la capitale.
Les formations se font en interne, selon les compétences de chacun. « Moi j’enseigne le portrait, Nege plutôt la coloration… D’autres sont plus portés sur la peinture ou le style comic book », explique le président.
Une pédagogie nécessaire, sachant que la plupart des membres sont des étudiants, moyenne d’âge 20 ans.
Plum’art expose beaucoup dans le circuit scolaire, par exemple pendant le festival Manga Mania au Lycée Moderne Ampefiloha, en décembre dernier.
Sedera Ramanitra a, lui, déjà présenté ses créations à l’Ambassade des Etats-Unis en juin 2014.

Face à la montée en flèche des arts plastiques depuis ces dernières années, le collectif tente de garder la tête froide.
« C’est une bonne chose, mais ce n’est qu’une mode.
En réalité, c’est toujours aussi galère pour vivre de ses dessins.
Moi, avec le manga, je n’ai absolument aucun débouché », déplore Nege.
Même souci pour Sedera Ramanitra, obligé de casser ses prix (30 000 ariary pour un format A4) pour obtenir des commandes.
« Les galeries sont peu nombreuses, le pouvoir d’achat limité, tout cela n’est pas favorable à l’instauration d’un véritable marché de l’art.
Sans parler du goût du public qui demanderait à lui tout seul un énorme effort pédagogique… »

La prochaine étape pour Plum’art est justement la publication d’un manuel pédagogique, en mars, qui donnera les bases du dessin et du portrait.
L’objectif est de pouvoir en sortir par an, accompagné chaque fois d’une expo.
Bref, beaucoup de pain sur la planche. 
 

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