Phelsuma borai : Ni vu ni connu !
3 janvier 2013 - Nature commentaires   //   1396 Views   //   N°: 36

Dernier venu dans la grande famille des geckos endémiques de Madagascar, Phelsuma borai ne laisse pas d’impressionner les spécialistes par son art consommé du camouflage. Posé sur un branchage ou une écorce, il est parfaitement invisible pour ses prédateurs… 

Découvert en 2006, Phelsuma borai porte le nom du scientifique malgache Parfait Bora qui l’a capturé. Cette nouvelle espèce endémique de la région de Melaky a été observée pour la première fois dans le parc national du Tsingy de Bemaraha, tout à l’ouest de l’île. « Cette forêt sèche est particulièrement riche en amphibiens et reptiles de toute espèce, dont un grand nombre reste encore à découvrir », explique un responsable du site. Phelsuma borai appartient aux groupes des Gekkonidae, autrement dit un gecko immédiatement reconnaissable à sa faculté de changer de couleur quand les circonstances le lui commandent, tout comme le caméléon avec lequel, toutefois, il ne faut pas le confondre.

A l’état « normal » sa robe écaillée est verte ou gris brun, ce qui lui permet de se fondre aisément à un branchage où à une écorce si un prédateur volant se met en tête de l’inscrire à son déjeuner. C’est pour cette raison qu’il vit principalement dans les arbres et se pose rarement au sol. Cet art consommé du camouflage est aussi l’une des raisons de sa découverte tardive. Le genre Phelsuma auquel il appartient rassemble les geckos les plus étonnants en raison précisément de cette faculté mimétique ; on peut même trouver sur la toile des forums spécialisés qui leur sont dédiés ! Sa tête parsemée de taches rouges est aussi un signal adressé aux prédateurs, indiquant que sa chair est toxique… un bluff efficace il faut croire, puisque le gecko figure parmi les plus anciens représentants des animaux terrestres.

Pendant la période nuptiale, enivré d’amour et de désir, Phelsuma borai remplace sa robe brune par un joli bleu brillant, signe qu’il est bien décidé à s’envoyer au septième ciel ! Une caractéristique inhabituelle chez les Phelsuma et qui le rend particulièrement intéressant aux yeux des spécialistes.
Pour le moment, ce spécimen est en cours d’observation, portant le statut « Data deficient » (incomplet) selon les critères de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature), mais tout porte à penser qu’il est très abondant sur cette portion de territoire allant du Tsingy de Bemaraha à celui d’Ankarafantsika. Un bonheur ne venant jamais seul, les scientifiques ont aussi découvert une autre espèce de gecko proche de Phelsuma borai. Il s’agit de Phelsuma gouldi capturé dans la réserve d’Anja à 13 km au sud d’Ambalavao, dans le plateau central de Madagascar. En attendant d’autres découvertes que l’avenir nous réserve et qui témoigne de l’incroyable biodiversité de la Grande Ile. Selon le WWF, durant la dernière décennie, ce sont pas moins de 615 nouvelles espèces animales et végétales qui ont été découvertes à Madagascar. Au nombre de celles-ci, on recense 385 plantes, 42 invertébrés, 17 poissons, 69 amphibiens, 61 reptiles, et 41 mammifères. Un trésor inestimable. 

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