Paul Rapatsalahy : Un riche héritage
31 mars 2016 - Cultures Livres commentaires   //   1878 Views   //   N°: 75

Écrivain émérite, journaliste engagé et précurseur des concours de Miss Madagascar, Paul Rapatsalahy, aussi connu sous la plume d’Idealy-Soa, a droit à son propre musée littéraire privé sis à Antanimena. 

L’année 2016 sera marquée par la célébration du centenaire de l’écrivain et journaliste Paul Rapatsalahy, né le 28 juin 1911, cinq ans après l’anniversaire car le climat politique de l’époque n’a pas motivé sa famille à commencer les festivités. Le Musée littéraire privé Paul Rapatsalahy a été inauguré par sa fille Eliane à Antanimena le 17 février dernier, là où jadis son illustre père vivait.
Une chose est sûre, Paul Rapatsalahy alias Idealy-Soa continue à marquer les esprits. En 1933, il a fondé avec Emile Parson l’un des premiers journaux dirigés par des Malgaches, baptisé Takariva (Le Soir). 

Madagascar était alors une colonie et les deux compères à travers leurs textes ont essayé de faire passer leurs messages politiques : « À l’époque, les Malgaches ne pouvaient pas parler politique », nous explique sa fille, « Idealy-Soa la déguisait alors en littérature. » D’ailleurs, le bilingue d’information qu’ils ont fondé s’appelait Organe littéraire de la jeunesse malgache. 

Écrivain émérite, il a écrit plus de soixante romans. « Lorsque mes cinq frères et soeurs et moi étions petits, mon père aimait nous emmener avec lui pendant ses voyages. Je me souviens d’une fois où nous sommes allés dans la région du Boeny pour rencontrer les princesses sakalava. C’est au cours de ces voyages qu’il trouvait l’inspiration pour ses histoires et ses poèmes. » Se donnant toujours les moyens de ses ambitions, Paul Rapatsalahy avait créé avec la seule aide de sa femme Roberte l’imprimerie Takariva pour produire ses livres et son journal : « Ma mère alignait la typographie et mon père se chargeait de la mise en page. Leur première imprimerie était totalement artisanale et était située au rez-de-chaussée de notre maison à Ankadifotsy. » Beaucoup plus tard, en 1972, Paul Rapatsalahy alla se perfectionner sur l’impression en couleur offset à Nancy. Il fut alors le premier journaliste malgache nommé attaché de presse de la délégation malgache à l’Unesco à Paris.

Sa femme l’a toujours accompagné dans ses activités. Lorsqu’en 1960, alors que Madagascar était une toute jeune république et ne voulait plus « rester en arrière des autres nations », le couple Rapatsalahy promut et présida l’Organisation nationale miss Madagascar pour les compétitions Miss monde à Londres et Miss international et Miss univers aux États- Unis. Là encore, une grande première ! Une compétition qui aura duré trois ans : « Mes parents ont essuyé beaucoup de critiques car à l’époque les gens étaient encore très coincés. Le fait de défiler en maillot de bain était une contrainte, par exemple. »

Ajoutez à tous ces accomplissements la promotion de la langue internationale ido (espéranto réformé), l’installation de la première ferme avicole Lalao à Antananarivo et la création de la première société malgache de production discographique. Décidément, il aura tout fait !

 

Musée Paul Rapatsalahy : Mme Eliane : 034 29 161 19

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