Papa Giro, Un pas de kuduro
11 août 2014 - Comores Diaspora commentaires   //   2697 Views   //   N°: 55

Il est l’artiste (d’origine comorienne) qui a révélé le plus de danses afro sur la région. Du mgodro comorien au kuduro angolais, Papa Giro est sans aucun doute le plus transîlien des ambianceurs. 

Papa Giro, Ibrahim Younoussa de son vrai nom, a été l’ambassadeur des Comores et de La Réunion à la 21e édition du festival Donia 2014. Auteur, compositeur,chanteur et chorégraphe, il est considéré comme le grand rénovateur des rythmes indoocéaniens de ces dix dernières années. Totalement transîlien, cela va sans dire. Né d’une mère originaire de Batsa-Itsandra dans la Grande Comore et d’un père mahorais, Papa Giro a passé 

une enfance heureuse à Mayotte et une adolescence tout aussi choyée à La Réunion, avant de mettre le cap sur la métropole où il a vécu pendant sept ans. Après son retour définitif à La Réunion, il se lance dans la musique et la danse, en créant en 1993 son premier groupe : Karthala. La formation est constituée de Mahorais, de Comoriens, de Malgaches et de Réunionais. C’est dans cette structure particulièrement ouverte qu’il compose ses savants mélanges de musiques africaines et de l’océan Indien : soukous, coupé décalé, kuduro, salegy, dombolo mgodro… 

Fort apprécié du public du nord de la Grande Ile, il est notamment très lié au chanteur Wawa. Pour sa venue lors du festival Donia, il a été accueilli en grande pompe par une foule en liesse à l’aéroport de Nosy-Be, Hell Ville. Un accueil exceptionnel et sans précédent, avec même un groupe de jeunes Malgaches influencés par son mgodro dévastateur venus l’épauler le soir de son concert ! « Ce qui m’a le plus sidéré, ce sont ces vieilles dames qui connaissaient mes chansons par coeur et exécutaient le mgodro comorien avec une classe incroyable ! » 

A La Réunion, Papa Giro est considéré comme un véritable phénomène : l’homme qui a fait découvrir quantité de rythmes afro, jusque-là complètement ignorés. Comme le kuduro (danse inventée en Angola dans les années quatre-vingt dix) qu’il popularise en 2010 et qui reste à ce jour la grande folie des clubs réunionnais. Soucieux de partage, il est également moniteur de danse dans diverses écoles de La Réunion. Il a aussi lancé sa propre marque de vêtements Les interdits, très populaire auprès des jeunes. Bref, une belle figure charismatique, d’autant que Papa Giro n’hésite pas à prendre position face aux maux qui rongent la société réunionnaise : le chômage, l’excès de vitesse chez les automobilistes, la fumette, l’alcoolisme… tout y passe. Sa dernière trouvaille, le zuma qu’il définit à la fois comme un sport et une danse. Un mélange de zumba et de coupé-kuduru, vanté pour être un excellent remède contre l’obésité qui fait des ravages là-bas. Et il paraît que ça marche ! 

Mourchidi Moussafiri

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