Oubeidillah Maeva Dhoimiri : « J’aspire à devenir un auteur engagé »
20 novembre 2017 - Comores Diaspora commentaires   //   1845 Views   //   N°: 94

Il vient de sortir « Alid l’imposteur », son tout premier livre aux éditions Edilivre. Fils d’un célèbre instituteur, Oubeidillah Maeva Dhoimiri est né à M’kazi-Bambao, en Grande-Comore. Il est le chouchou d’une fratrie de neuf enfants, qui a su très tôt lui apporter l’amour des lettres.

Pourquoi l’écriture ?
Dès ma tendre enfance, je me suis découvert une imagination débordante. Dès l’âge de 11 ans, j’écrivais des textes de réflexion, des dialogues, des petits récits. Chaque fois qu’une situation sortant de l’ordinaire surgissait et me marquait, j’écrivais. Par exemple, un voleur entre chez nous et rafle les bijoux de mes sœurs et de ma mère, j’écrivais… Disons que c’était une façon d’extérioriser mes sentiments. Mais aujourd’hui, j’écris pour les Comores, c’est mon combat ! J’aspire à devenir un auteur engagé, à mettre en valeur dans chacun de mes écrits nos traditions méconnues par beaucoup. J’écris pour les jeunes, entre autres, pour leur faire comprendre que nous, la nouvelle génération, avons notre mot à dire. Quoique jeunes, nous sommes en mesure de réaliser des choses. J’écris aussi de temps à autre des articles d’actualité que je publie dans le journal en ligne Habari Za Comores.

Pourquoi Alid l’imposteur ?
Alid l’imposteur suivi de Les Monstres de nuit, est un petit recueil de deux contes comoriens mêlant essentiellement humour, morale, merveilleux, fantastique et traditions locales. Le premier conte parle d’un jeune homme Alid qui, désespéré de la vie misérable qu’ils mènent lui et sa mère et de la maladie soudaine qui consume celle-ci, décide de jouer d’audace en s’introduisant au palais du Sultan où il se fait passer pour un grand médecin. Cette imposture étant la méthode qu’il a jugée la plus efficace pour se sauver et sauver sa mère. Le second conte met en avant le courage de la femme comorienne qui berce ses enfants dans les situations les plus fâcheuses. Les deux intrigues se présentent comme une sorte d’antonymie : d’un côté nous avons le jeune audacieux qui aime prendre des risques, avec toutefois quelques touches de lâcheté, de l’autre, une femme courageuse qui ne recule devant rien pour sauver les siens.

Pourquoi la Grande Ile ?
Madagascar m’a pour ainsi dire adopté. Quand je suis arrivé ici, j’ai tout de suite senti que je m’y épanouirais, que le pays m’offrirait les outils pour réaliser de grandes choses. Et j’ai eu raison. J’ai beaucoup appris, vécu beaucoup d’expériences en si peu de temps. J’ai participé à des ateliers avec des écrivains locaux et à des conférences littéraires. Je fais aussi partie d’un club de leadership où l’on s’entraîne à rédiger des discours en français. Je parlerai de « générosité intellectuelle », collègues, professeurs et institutions malgaches étant prêtes à nous aider lorsqu’ils remarquent notre désir d’avancer.

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