Oronjia
1 juillet 2013 - Escales Escales commentaires   //   1273 Views   //   N°: 42

À 20 km au nord-est d’Antsiranana, Oronjia allie à la fois découverte historique, joie des randonnées en forêt et douce farniente sur la plage de sable fin. Une balade captivante entre lémuriens endémiques, arbres bouteilles et bunkers de la Seconde Guerre mondiale…

Une partie de l’histoire d’Oronjia est indissociable de la colonisation. Les Français ont appelé le site Orangea alors qu’en malgache son nom signifie « sable en forme de cercle autour des baies ».  Rien à voir ! Base de l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale pour protéger « La Grande Passe », la porte d’entrée septentrionale de Madagascar, Oronjia garde bien des vestiges de son passé : bunkers, coupoles, canons ou autres artilleries massives… et un phare.

Outre Oronjia côté musée, la zone regorge d’attraits pour les touristes tant nationaux qu’internationaux. Entre autres, son accès facile tout au long de l’année, sa situation géographique, son climat, sa faune et sa flore. Sur ses 1 648 hectares, le site abrite plus de 220 espèces de plantes dont six endémiques locales.

Suivant les saisons, les fleurs des flamboyants offrent une variété de couleurs, allant du blanc au rouge en passant par le jaune et l’orange panaché. Une aubaine pour les photographes ! Les formes extraordinaires des Pachypodes et Adenia, appelées à tort ou à raison « arbres bouteilles », démontrent l’adaptation de ces plantes à la sécheresse. Deux espèces de baobab, Adansonia madagascariensis et Adansonia suarezensis, trônent sur la canopée de la forêt.

Oronjia héberge également deux espèces de plantes menacées d’extinction, malheureusement parmi les plus utilisées par les communautés locales. En effet, les tubercules d’oviala (Dioscorea orangeana) constituent la base alimentaire des habitants pendant la période de soudure, tandis que le bois de voankazomeloka (Delonix velutina) sert de matière première dans la construction des pirogues pour une population locale constituée à 70 % de pêcheurs.

À quelques exceptions près, les arbres d’Oronjia, une forêt sèche sur sable roux et calcaire, perdent leurs feuilles pendant la saison sèche. Elle regorge pourtant de plantes médicinales dont certaines sont cicatrisantes, aphrodisiaques ou antidiarrhéiques.

La faune n’en est pas moins passionnante à observer. La forêt héberge deux espèces de lémuriens endémiques du Nord : les

lémuriens à couronne (Eulemur coronatus) et les microcèbes (Microcebus tavaratra). Également une espèce de lézard (Uroplatus sp.) doté d’un incroyable art de camouflage : impossible à détecter quand il se fond dans la couleur d’une écorce d’arbre. Sans parler du majestueux paille en queue (Phaetonlepturus sp.)  qui se niche en colonie sur la falaise.

La visite de la forêt ne peut se terminer que sur l’une des trois baies qui entourent Oronjia. Les baies des Dunes, des Pigeons et des Sakalava abritent une mer d’émeraude propice à la nage, au repos et à l’oxygénation des poumons. Bref, un lieu de farniente pour savourer les fruits de mer ou de saison : banane, papaye. Sans oublier l’orange, bien sûr !

Jérémie Razafintsalama
Photos : Missouri Botanical Garden

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