Opus 106 – Ensemble Kanto : Toujours au diapason
14 mars 2018 - Cultures commentaires   //   1720 Views   //   N°: 98

Ils ont ébloui le public de l’Institut français de Madagascar en février dernier. Des solos profondément émouvants et des chœurs en parfaite symbiose, voilà les ingrédients gagnants de cet ensemble vocal lyrique baptisé Kanto.

Kanto a été fondé en 2012. Hery Andrianirina, pianiste – et occasionnellement basse du groupe – nous rappelle que l’ensemble originel était un octuor, chaque membre ayant une formation de soliste. Aujourd’hui, ils sont 14, et ce nombre varie légèrement en fonction du projet musical du moment. La particularité de Kanto, c’est qu’il n’y a pas de chef. Bien sûr, selon les concerts en préparation, les répétitions et l’encadrement artistique ou technique sont régis par l’un ou l’autre des membres, mais la direction de l’ensemble est totalement collégiale.

L’ensemble s’est produit sur les plus belles scènes de la musique classique à Tana entre 2012 et 2013, du Hall de la Gare au Cercle germano-malgache (CGM), en passant par l’Institut français de Madagascar (IFM) avec un spectacle saisissant intitulé L’amour dans tous ses états, en collaboration avec le metteur en scène Patrick Jacquier. Et ensuite… « brusquement, le baby boom chez Kanto », se rappellent en riant les sœurs Holy et Karisy Rajesson, pour expliquer que l’ensemble a dû s’imposer un break lorsque, l’une après l’autre, toutes ses chanteuses (ou presque) sont devenues mamans !

C’est avec La Flûte enchantée de Mozart que Kanto a marqué son retour sur la scène de l’IFM cette année. Une très belle distribution, avec Karisy Rajesson en Pamina extraordinairement troublante et Mino Rakotoarisoa, parfaite dans le rôle fulgurant de la Reine de la Nuit. Rappelons au passage que ces deux sopranos ont représenté Madagascar aux demi-finales régionales du dernier concours Voix Nouvelles à la Réunion.

La dernière performance de Kanto a été saluée par le président de Madagascar Mozarteum, José Bronfman, pour la détermination et le travail immense qu’ils ont fournis afin de présenter un opéra dans la langue de Goethe à Madagascar. Pour Fitah Rasendrahasina qui a encadré le projet, c’était un pur bonheur : « Chaque membre est impliqué et sérieux dans son travail musical. Ainsi les chanteurs sont très vite arrivés à une parfaite homogénéité. »

La force du groupe ? L’amour et la passion de la musique avant tout. Mais aussi le partage d’expérience – chaque membre fait partie de diverses formations chorales de la capitale – et surtout un répertoire lyrique qui sort des sentiers battus. D’ailleurs, l’ensemble Kanto nous prépare un nouveau projet pour la fin de ce semestre : nos solistes vont cette fois-ci exploiter des sonorités et des combinaisons vocales inédites. Nous ne vous en disons pas plus, la surprise n’en sera que plus belle !

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer