Opus 106
5 octobre 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1655 Views   //   N°: 69

Classik’art, un cadeau pour les mélomanes 

Offrir à la Ville des Mille une semaine intense de musique classique, c’était l’objectif du Festival Classik’art du 23 au 30 août dernier. Et c’était surtout un rêve surréaliste, qui a pris vie grâce à une équipe de choc menée par Rakotoarimino Antsanirina Hery Fifaliana, alias Rahf.

La première édition de ce festival s’est déclinée en quatre volets : des masterclasses sur trois jours pour le piano, la voix et les cordes ; une conférence-débat autour de la promotion de la musique classique à Madagascar ; une journée d’exposition pour les écoles de musique ; et des concerts, bien entendu, une dizaine au total. Et quels concerts !

Plusieurs formations vocales et instrumentales de la capitale – l’Amboarampeo Faravohitra, l’ensemble Unisson, le Choeur Miangaly ou encore l’Orkestra Malagasy, pour ne citer que ceux-là – ont répondu présents. Les solistes lyriques de la trempe de Fitah Rasendrahasina et Natacha Rajemison ont également enflammé la scène. Et, cerise sur le gâteau, treize musiciens internationaux, chef d’orchestre compris, sont venus en renfort, grâce au partenariat du Goethe Institut.

Le festival Classik’art a choisi pour ses concerts des lieux à la fois culturels et touristiques, entre le parc de Tsimbazaza et le Rova d’Ambohimanga, en passant par le parvis du palais d’Andafiavaratra et le jardin d’Antaninarenina. Et n’oublions surtout pas de mentionner le carnaval musical qui a sillonné les rues d’Ankazomanga, des 67 Ha, d’Andavamamba, de Mahamasina et d’Analakely ! Une miniscène ambulante montée sur un camion avec le Voice Quartet à son bord, pour permettre aux habitants de ces quartiers de découvrir les airs d’opéra les plus populaires !

Sinon, le répertoire musical de cette première édition était riche et assez inattendu : Haydn avec la Nelson Mass et la Création ; Mozart, bien sûr, mais en quatuor (Dissonanzen quartett KV 465) ; le Bestiaire de Poulenc pour baryton accompagné par un septuor (une performance de Michael Rakotoarivony)… En tout cas, le public tananarivien a apprécié. Et pour cause ! Environ 3 000 entrées enregistrées pour ces huit jours de festival, c’est remarquable pour une manifestation consacrée à la musique classique. Le comité d’organisation a d’ailleurs constaté que beaucoup de jeunes dans l’assistance avaient essayé de suivre tous les concerts proposés par Classik’art.

Un beau succès également, d’un point de vue pédagogique, d’après Beatrice Stelzmüller, la pianiste autrichienne en charge des masterclasses de piano : « Par rapport au fait que la culture classique soit encore aussi récente dans ce pays, j’ai été très agréablement surprise devant l’enthousiasme, le talent et la musicalité de tous les élèves que j’ai vus. »

Chapeau donc aux organisateurs de ce festival ! Lorsqu’on sait combien les partenaires sont réticents à financer toute activité culturelle programmée pendant la morte saison (juillet-août) à Tana, on ne peut que louer le courage et la ténacité de cette équipe. Quoi qu’il en soit, pour les tananariviens qui ne quittent pas la capitale en hiver, ce genre d’événement est un vrai bonheur. Et la deuxième édition de Classik’art (18-21 août 2016) est déjà en gestation !

Retrouvez Valérie Raveloson dans l’émission Opus 106 tous les dimanches de 18 h 30 à 20 heures sur la RLI FM 106 by no comment®. 

par #ValérieRaveloson

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