Opus 106
9 septembre 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1834 Views   //   N°: 68

Michael Rakotoarivony, le gentleman baryton 

La Royal Academy of Music de Londres fait partie des écoles de musique les plus prestigieuses du monde. Et parmi ses élèves, elle compte actuellement un jeune chanteur malgache qui y fait ses armes ! Notre artiste, Michael Rakotoarivony, a 22 ans. Il est baryton et a obtenu en 2014 une bourse pour cette illustre institution. La musique anglaise a naturellement tous les honneurs à la Royal Academy of Music : « C’est un héritage d’une richesse et d’une diversité incroyables, et il est mis à la portée de chaque élève », s’exclame Michael, qui apprécie chaque jour le privilège d’avoir été reçu dans cette académie. Aujourd’hui, ses semaines se répartissent en cours (8 heures en moyenne), répétitions, recherches et concerts.

Notons qu’avant d’atterrir à Londres, notre jeune chanteur s’était formé trois ans à l’Anglican Music Institute à Ambohibao, en intégrant parallèlement des choeurs classiques de référence dans la capitale (I Canto, Maestria…) En 2012, Opera Mauritius, qui préparait la production de La Traviata de Verdi, le remarque. Il obtient le rôle du Baron Duphol et embarque pour l’île Maurice. Il avait à peine 19 ans !

Entre un récital pour l’ouverture d’une galerie d’art à Londres en octobre et la préparation d’un voyage musical en Autriche, Michael Rakotoarivony semble en bonne voie de réaliser son rêve, celui de devenir une icône de la musique classique dans le monde.

Mais même avec tous ces beaux projets au-delà de nos frontières, Michael n’en oublie pas son pays. Il était à Madagascar en août pour donner des concerts en faveur de l’association Izaho sy ny Ankohonako, ainsi que pour la réalisation du Festival Classik’Art, où il a interprété Le Bestiaire de Poulenc avec le Deutsche Staat Oper Orchestra, et la Création de Haydn au concert de clôture du 30 août dernier.

Alisera Ramampiandra, l’éveil à la musique 

Dans la classe d’Alisera Ramampiandra, les petites bouilles font joyeusement leurs premiers pas dans la musique. L’initiation musicale est une affaire qu’elle connaît, pour l’avoir enseignée depuis plus de quarante ans à Madagascar. Bien souvent, les jeunes parents veulent brûler les étapes. Qui ne rêve pas d’avoir un petit Mozart à la maison ? Mais à la question « quand commencer ? », notre pédagogue répond : « 6 ans, c’est l’âge idéal pour s’initier à la musique… Une question de fonctionnement cérébral : l’enfant sait déjà écrire, compter et lire de gauche à droite. »​​

En cours d’initiation musicale, les élèves sont préparés à la future pratique instrumentale.

Avec l’aide d’onomatopées et de percussions (claves, maracas, triangle…), ils apprennent les premiers rythmes. Le chant leur permet d’acquérir la notion de hauteur de son et de justesse. Et la flûte à bec est l’élément essentiel pour développer la dextérité, ainsi que la coordination des mains. L’initiation musicale se fait en cours collectif, car à cet âge-là, l’on apprend beaucoup mieux par mimétisme.

À l’issue de cette première formation, lorsqu’ils ont été familiarisés avec les symboles musicaux et que leur oreille a été ainsi exercée, les jeunes élèves ne sont plus confrontés à la double difficulté du langage inconnu et des gestes nouveaux au moment de choisir un instrument de musique. Alisera Ramampiandra constate d’ailleurs que généralement, les musiciens ayant fait leurs débuts dans le cours d’initiation musicale vont beaucoup plus loin dans leur évolution artistique.

Mais au-delà de l’approche purement technique, l’initiation musicale est d’abord un outil d’éducation holistique. Elle développe en même temps les cinq sens, et elle touche à la fois l’affectif, l’intellect, le côté social et artistique de l’enfant.

Retrouvez Valérie Raveloson dans l’émission Opus 106 tous les dimanches de 18 h 30 à 20 heures sur la RLI FM 106 by no comment®.

par #ValérieRaveloson

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